NAÏVETÉ
La naïveté est le cachet de V innocence .
Le feuillage blanchâtre et les fleurs de neige de l’argentine, en ont fait le symbole de la candeur et de la naïveté. Cette petite plante fait de jolies bordures.
ARUM GOBE-MOUCHE. — i-iége.
Les pièges les plus dangereux sont ceux qui fiatlent nos passions.
On trouve dans les îles Baléares cet arum dont les grandes fleurs , d’une couleur livide, ont absolument la forme d’une nasse à prendre le poisson , et répandent une odeur cadavéreuse. Les mouches , trompées par ce funeste
appât, arrivent de très loin ; elles entrent dans ce piège perfide en se glissant à travers les poils rudes etpiquans dont la pointe est tournée vers le dedans. Parvenues sur le spâdice, elles reconnaissent leur erreur , mais la sortie est impossible, et elles meurent victimes des cruelles pointes qui les repoussent au passage.
ARUM COMMUN ou GOUET. — ardeur.
Je brûle pour 'vous.
Le gouet ou pied-de-veau se trouve sous l’ombrage épais et bumide de nos bois; sa fleur se compose d’une large feuille roulée en forme de cornet de papier entourant une espèce de petite colonne charnue nommée spadice. Lors de la fécondation, cette colonne acquiert un degré de chaleur beaucoup plus considérable que celui de l’atmosphère, et de verte qu’elle était, elle devient d’un violet noirâtre. Ce phénomène ne dure qu’une heure ou deux.
ARUM SERPENTAIRE. — horreur.
Lu seule apparence de la méchanceté inspire de l' e/y roi.
Cette espèce de gouet, qui se trouve dans le midi de la France, a la fleur comme l’arum commun, mais portée par une tige de deux
pieds , tachetée comme la peau d’un serpent d’où lui est venu son nom.
ASPHODÈLE JAUNE. — regret.
Mes regrets 'vous suivront au tombeau.
Les anciens croyaient que les mânes des morts se nourrissaient de la racine de cette plante ; aussi en cultivaient-ils beaucoup autour des tombeaux.
ASTER A GRANDES FLEURS. — ARRiÈRE-
rENSÉE.
Toute la puissance du despotisme échoue contre la pensée.
Les asters viennent bien partout ; leurs fleurs radiées ressemblent un peu à des étoiles, ce qui leur a fait donner leur nom. On en cultive une grande quantité d’espèces, toutes dignes d’orner nos parterres par leur beauté et leur élégance. La nature a fait paraître ces jolies fleurs à l’approche de l’hiver comme le dernier effort d’une pensée expirante , dit madame de Latour.
AUBÉPINE. — EsrÉRANCE.
M’est- il permis d’espérer ?
Lorsque, dans la simplicité de votre cœur, vous donnez une branche d’aubépine à l’homme qui a dit : Je vous aime , vous lui permettez d’espérer. Savez-vous , jeunes filles, qu’en tolérant l’espérance, il ne vous reste plus rien à refuser ?
BAGUENAUDIER *. — amusement frivole.
La frivolité est le cachet des esprits stériles.
Cet arbrisseau porte un fruit vésiculeux qui éclate avec bruit lorsqu’on le presse entre les doigts; pour cette raison, il plaît beaucoup aux enfans , jeunes ou vieux. C’est de cet insipide amusement qu’est venu le mot baguenauder.
BALISIER ou CANNE D’INDE*, - rendezvous.
Soyez exact au rendez-vous.
Cette belle plante aime à croître dans les bosquets ombragés et solitaires des climats les plus chauds; c’est là que les dames indiennes, tpompant la jalouse surveillance d’un maître
despote, viennent à une heure convenue remremplir une promesse d’amour.
BALSAMINE. — impatience.
N’y touchez pas.
Il est peu de jardins où l’on ne trouve ses nombreuses variétés à fleurs doubles ou simples, d’un rouge vif, roses, violettes, blanches ou panachées. La balsamine impatiente , n’y touchez pas ( impatiens , noli tangere ) , à fleurs pendantes, se trouve dans nos bois. Toutes deux, par un mouvement spontané, roulent les valves élastiques de leurs capsules au moindre attouchement, et jettent au loin leurs semences •
BASILIC. — haine.
Je vous hais.
Une jeune fille de Florence avait un amant ; la mort le lui enleva. Dans son désespoir elle s introduisit près du cadavre, coupa sa tête et la cacha dans un pot de basilic qu’elle arrosait de ses larmes. Elle fut remarquée , et bientôt On parvint à lui enlever cet objet d’horreur. L’infortunée voua une haine éternelle à ceux qui lui avaient ravi ce funeste trésor.
BELLE DE JOUR. — coquetterie.
Fous êtes jolie , mais coquette.
La coquetterie , qui est un défaut dans la jeunesse, devient un ridicide intolérable dans un âge avancé.
Voltaire a dit :
Ali! croyez-moi, vieilles coquettes,
Oubliez d’anciennes erreurs;
1/Amour n’aime pas qu’en lunettes On lui conte encor des douceurs.
Mais , Zoé , cesse de confondre la coupable coquetterie du cœur avec cette innocente coquetterie d’ajustement qui consiste à faire valoir les attraits dont la nature a été prodigue envers toi :
Ecoute-moi d’une oreille attentive.
Je t'apprendrai l’art de fixer un cœur.
La fleur des champs a la couleur bien vive,
De doux attraits, une suave odeur;
Mais le soleil, qui d’abord la colore,
La brûle enfin quand elle est sans abri,
Zéphyr l’effeuille, et les p'eurs de l’Aurore Ne brillent plua sur son disque flétri.
Dans nos jardins elle est long-temps jolie.
Soumise à i’art qui maintient la beaute.
La fleur des champs ce serait toi , Zoe ,
L’art qui te manque est la coquetterie.
BELLE DE NUIT. — timidité.
Folie timidité ajoute encore a vos charmes.
La timidité est la pudeur de l’esprit, et la pudeur est le charme le plus attrayant qu’une femme puisse posséder pour séduire le cœur de l'homme.