‹ Les Flibustiers de la SonoreChapitre 20 sur 64 · GUERRERO · texte numérisé non relu

GUERRERO

Le comlc entre suivi d'un grand nombre d'individus, Yvon esta ses côlés. dégageant le comte de la fouie qui se presse snr ses pas.

iiorace, à Yvon. Inscris les volontaires! (a ï^rero.) Viens

ici, j'ai des Ordres à te donner. (Au moment où le comte Horace est entré. Guerrero s'est levé précipitamment et l'observe sans le perdre des yeux )

de sauves. Allons, mon cher Yvon, inscris Edouard de Sauves, de Paris!

nouACE, se retournant. De Sauves!.,. Ahi votre main, cherami ! je vous ai fait attendre.

de sauvïïs. Un peu!... et ici il est impossible à un médecin de se former une clientèle!,.. On n'est pas malade, on se tue!...

îioraois, riant. Les temps d'épreuve sont passés... Vous serez le major de notre petit corps d'armée!... Tout va bien, avant une heure, j'aurai enrôlé mes hommes et trouvé mon argent, l'annonce' de notre projet a l'ait tourner les têtes.

tigrkro. Et voici une recrue à laquelle vous ne vous

attendiez guère! fil lui montre Arthur.)

horace. Ah 1 c'est vous, enchanté de vous revoir!

ARTHUR, saluant comme an Calé do Paris. Comment donc,

cher! (ils se serrent la main.) Inscrivez! Arthur Beiinmy, 2o, rue JNotre-Dame-de-Lorei.le. membre du club des merles!...

tigrkro., do loin. Caporal!

arthur. Bon !

horace. Non pus... lieutenant.

Arthur. Egalement bon! mon boni

HORACE, s'éloiynaul, à Arllmr. VOUS ÔtCS doilC lOlll-'t-fait

ruiné?

ARTHUR. MOU Dieu OUi, Cher COmle... (Arthur s'est approché d'Yvon et de Tigrero, ils forment groupe au fond.)

guerrero, qui s'est approché d'Horaco. Yous êtes bien monsieur le comte Horace d'Arnumçuy"?

HORACE. Olli.

guerrero. Je désirerais vous parler.

HORACE. Je l'écoute, l'ami. (Mouvement de fierlé de Guenero.) Qu'as- tu?

GUERRERO. RJCU.

horacjî. Dépèche.

guerrkro. C'est vous qui avez sauvé doiîa Angola, au moment où elle allait tomber entre les mains des indiens.

iiorace. Comment sais-tu cela ?

guerrero. Le général Guerrero, son oncle, vous dod. de grands rcmereiinonls, et comme gouverneur de la Sonore, il peut vous être d'une grande utilité.

Horace. £sl-eo là tout ce que tu as à me dire?

GUERRERO, se rapprochant mystérieusement. Non.

HORACE, l'anètant. A quelles sortes de mines Lravailles-lu donc? tu as les mains blanches.

guerrero, un peu troublé. Eh! laisscz-là mesmaiuset faites attention à mes paroles! Le Mexique est une nation perdue, si le sort ne lui suscite un homme pour la conduire à de meilleures destinées... Eh bien, le seul homme qui puisse à celle heure cnlreprendre sa régénération...

noRACE. C'est ?

GUERREKO. Le général Guerrero.

HORACE. Ah !

guerrero. Le général Guerrero, est, vous ne l'ignorez pas sans doute, le dcscendantdirccl des empereurs Incas, le sang de Monlézuma coule dans ses veines. Aussi, p-ossède-Hl sur les Indiens un immense pouvoir, capable de contrebalancer ions les autres pouvoirs de 1 Etal. De tous les temps, la famille Guerrero, demeurée à demi-indépendante, csL restée pour les populations à peine civilisées le chef légitime. Or, une révolution est imminente.

horace. Achève.

guerrero. Demain, tombera le pouvoir abâtardi deSanta- Anna.

horaoe. El. le général Guerrero ?

guerrero. Le général Guerrero, qui se connaît en braves,

ne sera point ingrat envers ceux qui l'auront aidé dans sa lâche; il saura distinguer entre les amis de la première heure, et ceux de la dernière. Si pour lever l'étendard de l ? indépen- ! dance, pour commencer l'agitation, le général Guerrero avait compté sur cinq cents braves aventuriers, comme ceux que Vous levez en ce moment, si vous lui donniez l'appui de votre épée, -il reconnaîtrait ce service, pour vos compagnons par de l'or; pour vous, non par une riche hacienda, mais, par une province tout entière!

HORACE, le regardant. Le général est généreux 1

guerrero. Nul doute qu'il ne vous offre dans son armée un grade supérieur.

Horace. C'est magnifique 1

guerrero. Une haute l'onction dans son gouvernement.

iiorace. C'est splendide!

guerrero. Ainsi, c'est convenu?

iiorace. Quoi ?

guerrero. Vous êtes avec nous?

iiorace. Ah 1 ça, dis-moi, tu ignores donc une chose % toi qui cependant as l'air de tout savoir (mouvement de Guerrero) c'est que Santa-Anna, qui m'a donné la concession des terres que je pourrais conquérir, et le privilège de lever une troupe armée, a eu foi en mon honneur de .gentilhomme? Santa- Annn, président de la république mexicaine, ordonne aux autorités, non-seulement de me traiter en ami, mais de me fournir ce dont j'ai besoin, et tu viens me parler de le trahir? hors d'ici, drôle I

guerrero. Monsieur le comte, vous ignorez dans quel pays vous êtes?

iiouace. Tu oubliesde quel pays je suis 1

GUEitRERO. Souvenez-vous que votre troupe doit passer en Sonore, dont le général est gouverneur.

iiorace. Le comte Horace d'Annançay va partout, et quand il rencontre des obstacles, il les écarte, ou il les brise ! (n va au

comnloir vérifier les lisLcs d'Yvon, qui penuant la première moitié do celle scène a continué d'inscrire les engagés volontaires. Pendant ce dialogue, un homme enveloppé d'un zarapé, s'est avancé lentement, a examiné lo coinlc el Guerrero et a suivi le jeu do physionomie des deux interlocuteurs.)

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