SCÈNE IV HORACE, CARMEN
(llorace vient lentement se placer devant Carmen, ils so regardent
longuement.
CARMEN,, se levant et lui tendant un papier. VOUS êtes libre.
iioiiAGE. Ma grâce? Je n'en veux pas!
caumen. Ce n'est ni votre grâce., ni votre acquittement, c'est la liberté. Tigrero, de Sauves, Pierre, Simon, d'autres encore de vos compagnons sont là... Les barreaux de celte fenêtre sont sciés. Aussitôt la nuit venue, un (il de soie vous sera lancé, une échelle de corde au bout, et une barque tout appareillée vous attend de l'autre côté du môle.
horace. Je vous remercie, madame, mais je vous l'ai dit: je refuse.
caumen. Vous remarquerez, monsieur, que je ne vous supplie pas. Mes prières iraient peut-être contre le but de cette entrevue, mais je vous donnerai pour combattre vôtrerefus des raisons concluantes. Je comprends que vous repoussiez toute grâce, mais fuir, c'est rejoindre vos compngnons, c'est recommencer, c'est lutter encore; fuir, c'est l'aire acte de votre volonté, c'est vous défendre, c'est vous relever de votre chute, c'est ressaisir votre épée. Entre la fuite et la mort, je ne crois pas que le choix soit possible, car c'est la mort qui serait une lâchelé !
Horace, baii et d'une voix sourde. Et vous êtes la femme de ce misérable !
garmen. Vous avez cru, il y a huit jours, sauver Angela au rancho de la forêt des chênes, vous vous êtes trompé î De Sauves, à cinq minutes de là., tombait dans une embuscade et Angela disparaissait de nouveau aux mains de Guerrero i
horace. Grand Dieu! Angela'
caumen. Toutes mes recherches furent inutiles... Angela, peut-être, avait été livrée â quelque tribu errante d'Indiens Comanches ou jetée dans quelque mystérieux couvent.
horace. Ah! je vais donc mourir en désespéré!
caumen. Le lendemain, je vis Guerrero... Par la mort j récente de mon oncle d'Aguilar je suis maîtresse de ma j fortune, je la lui ai offerte, ainsi que ma main, en échange de voire vie et de la liberté d'Angela.
non a ce. Vous, Carmen t
carïhen-. Une heure après, un prêtre avait consacré cette union, tout était prêt pour votre fuite, et voici l'écrit que me remetlait pour vous mon,., mari, (Horace prend récrit.)
horace, Usant. «Je déclare me dessaisir de tous mes droits sur doua Angela de Torrès, ma nièce el ma pupille, et j'autorise M. le" comte d'Armançay, son fiancé, a la retirer du couvent de Dames de la Merci, aux mains desquelles je l'avais confiée. » (Parié.) Angela me serait rendue!
caumen. Raison de plus pour être libre, monsieur le
comte!