‹ Les floraisons matutinalesChapitre 1 sur 3 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

TaOIS-BIVIÈBBS

VICTOR AYOTTE, Éditbuïc

M CVIIl XCVIE

Perdu dans les brouillards du sophisme et dii doute^ Le monde, daiis utt noir tournotmeut emporté, S'effarait, quand soudain retentit sur la route La voix de l'immanente Infaillibilité.

Le» Floraisons Matutinalea

£!t l'on vit, aveuglant lee fils de Zoroaatre, Perçant l'ombre où la haine occulte écume encor. Brillante des clartés que verse un lever d'astre. Resplendir la tiare aux trois couronnes d'or.

fTrîple soleil d'espoir éclatant dans la brume Du sombre gouffre humain. Triple feu du flambeau ^ne Rome aux chandeliers à sept branches allume. Triple splendeur de Paul s'élauçant du tombeau.

Hosanna I Béni soit Léon, l'homme-lumiére.

L'être divinisé, l'être immatériel, L'ftme, l'élu, le salut, l'ange intermédiaire Entre Job et Jésus, entre l'homme et le ciel.

Il n'a plus qu'un lambeau de pourpre et de couronne. Mais cet humble martyr qui pleure et qui sourit. Ce divin qui bénit, ce clément qui pardonne, JL jamais reste roi par le verbe et l'esprit.

■Ce souveraiD,qui n'a que son titre de père , ^ui, pour Bceptre, n'a plus qu'un roseau de pasteur, Ce prince de douleur, d'angoisse et de misère, Apparaît à nos yenx comme un triomphateur.

Au-dessus de ces fronts royaux que l'anarchie Menace, beau de calme et de sérénité, H ^ dresse, et l'on vort sur sa tête blanchie Flotter comme une vague aube d'éternité.

H parle, et l'Occident se prosterne en prière ; II appelle, et, là-bas, l'Orient, solennel, Dans la chape d'argent de sa gloire première, Exulte au cri du pape et vibre à sou appel.

Xies profondeurs de l'autre azur frémissent toutes, Et la Miséricorde en pleurs, sur l'univers Ëpandant les trésors des suprêmes absoutes, Rouvre les cieux fermés et ferme les enfers.

Lea Ftoraiwms MatuHnalea

De l'aurore au couchant, l'encyclique féconde, DauB le déclin du grand siècle qui va finir.

Sous le souffle de Dieu, s'en va de par le monde Répandre amour et paix, consoler et bénir.

Gloire au nouveau Jean I gloire à l'atgle des symboles I Gloire au révélateur des secrets de Sion I Au voyant dont le front constellé d'auréoles S'incline sous le vent de l'inspiration I

Béni soit-il, celui dont Icvaste génie.

Sur l'abime du dogme ancien toujours nouveau.

Ouvrant une nouvelle échappée infinie.

Voit plus large, descend plus profond, va plus haut.

Gloire au Buonarotti de la foi catholique, ' Qui b&tit, sur le roc de Pierre, un monument Taillé dans le cari-are et dans le pentélique, Kbloiiissant d'azur, d'or et de diamant.

DictizedbyGoOJ^IC

L'idylle dorée

Au vent joyeux de la bonne nouvelle L'étable s'ouvre ; et sa merveille est telle Que les naïfs bergei's en sont troublés.

Illuminant la crèche sombre encore, L'Enfant parait, en un orbe d'aurore, Plus blond que l'or des méteils et des blés.

Leë Floraiamis MatutiruUee

Tout reluit aous l'humble chaume en ruine ; Tout y rutile. O nuits de Palestine, De vos ciels d'aube p&le, est-ce un reflet?

Lune manque, est-ce ton sortilège ?

Est-ce l'éclat de ta blancheur de neige ?

Est-ce ton charme, ô bel enfantelet ?

Un homme est 1&, grave comme en un temple ; Hiératique, il admire, il contemple, Ne sachant plus que bénir h genoux.

Dans son long voile et dans sa blanche robe, Pudique et belle, aux regards se dérobe Une humble femme au profil triste et doux.

Couple candide, ils restent sans parole.

Le front ceint d'une opaline auréole, Navrés d'amour et de ravissement.

IjO père exulte, et la mère aouptre ; Tendre, elle fait effort pour lui sourire, Mais sou sourire expire tristement.

Elle, la Sainte, elle, l'Immaculée,

Oh I comme elle est tsonfuse, émerveillée,

Toute à son rêve et toute à son affront.

Slle ae voit dans une bergerie.

Et, pour sou Christ, non pour elle, Marie

Pleure, le glaive au cœur, l'épine au front.

Xie nouveau-né, demi-nu, que l'haleine Du bœuf et de l'&ne réchauffe à peine.

Tout frêle et tout mignon, tremble et vagît.

La plus modeste entre toutes les mères Se meurt de honte, et le sang de ses pères ÀJoaime une pourpre à sa tempe rougit.

Les Florai»onK Matutinale»

D&DS ce réduit de misère, lea anges, VeniiB du ciel, modulent les louanges Du gracieux petit roi de Sioii.

li'oreille entend la harpe qui console, La tendre lyre et la tendre ^iole.

Et le théorbe et le psaltérion ;

Mais, ni le luth qui berce et qui caresse.

Ni la viole exquise de tendresse.

Rien n'a charmé le souci maternel.

Pensive, au bord de la crèche accoudée.

Elle pressent, crucifiante idée, Quelque chagrin qui lui semble éternel.

Les séraphins suspendent leur cantique ; Et l'âpie son du hautbois bucolique Se mêle au frais gazouillis des pipeaux.

DictizedbyGoOglC

L'idylle dorée

La corne a pris sA voix la plus c&Iine, Et le roseau laugoureux, en sourdine, Chante à ravir l'âme des bleus oiseaux.

On croit ouïr les endormeuses plaintes De l'air parmi les légers térébinthes, Du soir parmi les pâles oliviers.

En la blancheur de la lumière astrale Monte et descend la fraîche pastorale Que dit le chœur rustique des bouviers.

Cette musique élyséeane coule

Et, vrai miracle, ondule et se déroule,

S'achève et file en sanglots inouïs.

Des femmes vont à l'adorable Juive Offrir, avec la myrtille et l'olive, Roses et lis tout frais épanouis.

DictizedbyGoOJ^IC

Lea Floraisona MattUintUeB

Silencieux, dévalant les colline^.

Orientés par les clartés divines, Déjà, voici les chameliers du Nil.

Ils ont offert l'ambre et le clnnamome Et ces lotus d'oasis dont l'arôme Calme et guérit le mal le plus subtil.

Ni les soupirs des pipeaux et des Sûtes, Ni le noël des chevriers hirsutes, Rien n'a charmé le maternel souci ;

Ni les lotus, ni les lis de Judée, Ni l'olibau des rois de la Chaldée, Rien ne l'allège et rien ne l'adoucit.

Dans son berceau que la mousse encourt! ne.

L'enfant s'éveille, et sa lèvre enfantine S'ouvre et sourit d'un sourire de ciel.

Sur cette bouche idéalemeut rose, La Mère, moins songeuse, moins u Pose un baiser mouillé de pleurs de miel.

O tendres pleurs, délicieuses larmes,

Est-il quelqu'un qui résiste k vos charmes î

Femme, tes pleurs fout pleurer tous les yeux I

Dès son réveil, calme, à celle dont l'&me D'inquiétude et d'angoisse se pâme.

Le Fils envoie un regard radieux.

Nul pavillon d'impérator n'égale

Ce gîte où luit la gloire ftliale.

Ce lit de paille aux rideaux de soleil.

Le p&tre adore et Joseph s'extasie :

Certes, jamais les huchlers de l'Asie Ni les bouviers n'ont vu tableau pareil.

Les Floraiaonë MatuUnalea

Vision rose, exquise épiphanie.

Divine idylle à jamais non finie, <!7harmante encore après dix-hnit centa ans I

Aux Bethléem mystiques, des deux Mondes Peuples et rois, caravanes profondes, A pleines nefs apportent des présents.

Bercail d'azur, asile de mystère, Où le uoël amoureux de la terre Alterne avec le cantique des deux I

Crèche où naquit l'agneau des paraboles,

Agreste autel des célestes symboles.

Je vois s'ouvrir ton chaume harmonieux.

Tout ébloui, sur le seuil je m'arrête, Je me prosterne et je courbe la tête.

Dans la pénombre, en silence, & l'écart.

DictizedbyGoOJ^IC

L'idylle dorée

Pour te louer, divin berceau, j'aspire L'harmotiieux lyrisme qu'on reepire Dans les motifs des aèdes de l'art.

O Mère pure, ô Vierge maternelle, Vase de nsrd qui déborde et ruisselle, Inonde-moi des flots de ton amour I

Je veux bercer ta peine et ta hantise.

Adoucir le mal qui te martyrise, Je veux aimer ton Jésus sans retour.

Suivant les pas des bergers et des Mages, Je viens offrir l'encens de mes hommages.

Que n'ai-je l'or des antiques Crésus I

Oh I laisse-moi. Vierge, Mère divine.

Prendre en mes bras, presser sur ma poitrine, Ton bien-aimé, ton trésor, ton Jésus I

Je veux que ma lèvre à sa lèvre touche.

Combieu heureux je serais, si ma bouche Pouvait chanter nu chant digne de toi 1

Mais c'est en vaiu que mon hymne s' élance.

Suspends ton rythme, ô mon cœur, le silence Exprime seul mon extatique émoi.

DictizedbyGoOJ^IC

La cloche, lente, à voix éteinte.

Tinte au clocher paroissial, Et l'écho tremblant de sa plaint»

Tinte et meurt dans l'air glacial.

DictizedbyGoOJ^IC

Les Fioraimm» MatutinaU»

L'airain sonne en branle. On écoute.

Pour qui le glas a-t-il tinté ?

Et te son grave, avec le doute.

Tombe sur le cœur attristé.

"C'est dans un hameau eolitùre, ■Où l'homme, encore rude et sùn.

Pauvre but une maigre terre.

Vit obacnr et meurt comme an sûnt.

Aux premiers branles de la cloche.

Les humbles seuils se sont ouverts.

Un bruit de pas drus, qui s'a^roche.

Frappe l'air lourd des champs déserts.

Par les sentiers que l'ombre voile Défile un cortège ; en avant.

On voit filer comme une étoUe Un tàerge qui vacille au vent.

Mi-voilé d'ua lambeau de moire.

Sur le blanc d'uu fiu liu bénit, Aux mains du prêtre le ciboire Comme un eoleil d'argent reluit.

A genoux ! c'est le Viatique, C'est le dictame des souffrants.

Le pain de l'au-delà mystique.

Le divin cbréme dea mourants.

L'or pâle et la pourpre amortie Du crépuscule occidental Au-dessus de la sainte hostie Forment comme un dais triomphal.

Toi qui vois l'invisible gloire De cet invisible passant, Hiuuble ûls de la glèbe noire.

Incline-toi, comme un enfant.

Les Floraisom MatutinaleM

C'est Lui : cette pompe céleste Proclame sa divinité.

Et ce tant naïf culte agreste Nous dit sa pauvre humanité

Quelques paysans en prière Suivent, leur rosaire à la main ; Les clous des souliers de misère Sonnent aux cailloux du chemin.

L'humble suite rustique passe Au refrain machinal des mots Que traînent & voix lente et basse Les dévotes et les dévots.

Oh t bienheureux ce pauvre monde Qui devine, et croit sans les voir, Les choses qu'une ombre profonde ■Cache aux maîtres du haut savoir.

Heureuses ces &iues crédules Qui gardent confiance et foi Aux mystérieuses formules De l'ancieune et nouvelle loi.

On n'entend sur la route sombre

Que la clochette du sonneur.

C'est l'heure où la mort vient dans l'ombre.

Hâtez-vous, courrier du Seigneur.

Hâtez- vous ! Tout est morne et triste.

Hâtez-vous ! D'un seul vol, sans bruit, La mort s'abat à rimproviste.

Comme un sinistre oiseau de nuit.

Là-bas, dans la chambre blafarde, Un malade souffre à mourir.

Oh ! comme il est lent, comme il tarde, Xi'ami qui s'en vient le guérir I

Les Floraiaona Matutinales

Du beffroi la grave harmonie S'éteint, triste comme un adieu.

Ange gardien de l'agonie.

Soutiens les pas du porte-Dieu.

L'avril Iboréal

Est-ce l'avril ? Sur la colliue Rossignole uue voix câline,

De l'aube au soir.

Est-ce le chaut de la linotte ?

Est-ce une flûte P est-ce la note

Du merle noir ?

Le» Floraisons Matutinaleê

Malgré la bruine et la grêle, Le virtuose & la voix frêle

Chante toujours ; Sur mille tons il recommence La mélancolique romance

De ses amours.

Le chanteur, retour des Floridea, Du clair azur des ciels torrides

Se souvenant.

Dans les bras des hêtres en larmes Dit ses regrets et ses alarmes

A tout venant.

Surpris dans son vol par la neige.

Il redoute encor le cortège

Des noirs autans ; Et sa vocalise touchante Soupire et jase, pleure et chante

En même temps.

L'avril boréal

Fuyez, nuages, giboulées, Grêle, brouillards, âpres gelées.

Vent boréal 1 Fuyez 1 La uature t'implore.

Tardive et languissante aurore

De floréal.

Avec un ciel bleu- d'améthyste.

Avec le charme vague et triste

Des bois déserts, Un rythme nouveau s'harmonise.

Doux rossignol, ta plainte exquise

Charme les airs I

Parfois, de sa voix la plus claire.

L'oiseau, dont le chant s'accélère,

Egrène un tril :

Dans ce vif éclat d'allégresse.

C'est vous qu'il rappelle et qu'il presse.

Beaux jours d'avril.

Déjà coUioes et vallées

Ont vu se foudre aux soleiUées

Neige et glaçons ; Et, quand midi Qambe, il s'élève Des senteurs de gomme et de sève

Dana les buissons.

Quel souffle a mis ces teintes douces Aux pointes des frileuses pousses ?

Quel sylphe peint De ce charmant vert véronèse Les jeunes bourgeons du mélèze

Et du sapin ?

Sous les haleines réchauffées Qui nous apportent ces bouffées

D'air moite et doux, n nous semble que tout renaisse.

On sent cmume un flot de jeunesse

Couler en uous.

DictizedbyGoOJ^IC

L'avril boréal

Tout était mort dans lee futaies ; Voici, tout à euup, plein les haies,

Plein les sillons, Du soleil, des oiseaux, des brises.

Plein le ciel, plein les forêts grises.

Plein les rnllona.

Ce n'est' plus une voix timide Qui prélude dans l'air humide,

Sous les taillis ; C'est une aubade universelle ; Ou dirait que l'azur ruisselle

De gazouillis.

Devant ce renouveau des choses, Je rêve des idylles roses ;

Je vous revois, Prime saison, belles années.

De fleurs de rêve couronnées.

Comme autrefois.

Lea Floraisons Matutinalea

Et, tandis que dans les clairières Chuchotent les TOix prin tanières.

Eu moi j'entends Rossignoler l'&me meurtrie, La tant douce voix attendrie

De mes printemps.

A la claire foiîtaine

Pli rre, mon ani Pierre. , A la guerre e» allé, Four QD bouton de rose QuB je .'ni rrfusol.

(Berceuse anciE)

n est une claire fontaine

Où, dans un chêne, nuit et jour

Le rossignol, à gorge pleine,

Redit sa peiue

Et son amour.

Leê Floraisons MaiuUnales

Si belle et si douce est son onde.

Si transparente, si profonde, Qu'on vient de bien loin à la ronde

S'y promener

Et s'y baigner.

Son flot où la menthe et la prdle Poussent, & fleur d'eau, pêle-mêle, Piltre son cristal à travers

Le filtre frêle

Des cressons verts.

Les jeunes filles, le dimanche, Y vont, nu-têt«, fleurs au front, .En mai, sons le chêne qui penche.

En jupe blanche,

Danser en rond.

A la claire fontaine

n en est une — une promiBe—

Qui fuit et la danse et le bruit,

Et qui, dans son deuil de payse,

Martyre exquise,

Se meurt d'enuui.

Un soir que la blonde n

Se mirait dans la source ombreuse,

Un pâtre à la voix langoureuse

Lui fit l'aveu

D'au premier feu.

" Oh I donae-moi cette églantine " Dit-il, très-bête et tout confus.

La belle dit : Non, et s'obstine,

Apre et mutine.

Dans son refus.

Les FUrraisons Matutinales

Fou de dépit, fou de colère.

Sans voir celle qui fut ai chère,

Le bon ami, le pauvre enfant.

Pour la frontière

Part en pleurant.

Aux jeunes la guerre est bien dure ;

Le mal du pays les tortiire ;

On pleure. Oh 1 (pie le temps nous dure

Loin de ce doux

Pays : Chez. nous.

Vers' une rive plus clémente.

Le rossignol a pris l'essor.

Seule, au bord de l'onde dormante,

La pauvre amante

Soupire encor.

A la claire fontaine

En vain de ses pleurs elle arrose

Le bouquet qui fit son malheur :

" Reviendra-t-il ? Rosier morose.

Rends-moi ta rose.

Rends-moi ta fleur ! "

Trois ans après, un militaire.

Sac au dos, couvert de poussière.

De la fontaine solitaire,

Bâton en main,

Prit le chemin.

C'est lui ! — C'est elle 1 — -Sans rien dire. Le soldat aux yeux attendris, Et la chère âme qui soupire.

Dans un sourire

Se sont compris.

Les Floraiaona MaluUnalea

La deruière Seur de l'année.

Des pleurs de l'automne baignée, S'effeuille au vent. La belle offrit

La fleur fanée

Au fler conscrit.

Et ce bouquet, que la hantise

De l'amour naïf poétise.

Répand, dans l'air doux qui les grise,

Comme un relent

De lîlas blanc

Ohé ! danseurs, à. la fontaine.

Dansez en rond, chantez en chœur I I>e plus beau garçon de la plaine,

A Magdeleine

Donne son cœur.

DictizedbyGoOJ^IC

Bans ta mémoire immortelle.

Comme dans le reposoir D'un© divine chapelle, Pour celui qui t'est fidèle.

Garde l'amour et l'espoir.

Les Floraigons Matutinalea

Garde l'amour qui m'enivre.

L'amour qui nous fait rêver ; Garde l'espoir qui fait vivre ; Garde la foi qui délivre, La foi qui nous doit sauver.

L'espoir, c'est de la lumière.

L'amour, c'est une liqueur.

Et la foi, c'est la prière.

Mets ces trésors, ma très chère.

Au plus profond de ton cœur.

•Oui, mon pays est eiicor France :

La fougue, la verve, l'accent, L'âme, l'esprit, le cœur, le sang.

Tout nous en donne l'assurance :

La France reste toujours France.

Les Floraiaona Matutinales

Aujourd'hui, tout comme naguères.

Ne aommea-nous pas, trait pour trait.

Le vrai profil, le vif portrait Du Normand, père de nos pères ?

Français, vous êtes nos grands frères.

U est toujours vert et vivace, Le rameau du vieil arbre franc ; De sève chaude exubérant.

Superbe et fort comme la race, n est toujours vert et vivace.

Vienne la magnifique aurore Des fêtes d'hiver, Montréal, Narguant l'âpre vent boréal.

Pour la danse revêt encore Son domino multicolore.

DictzedbyGoOglC

Pittoresque palaïa féerique.

Sur tes murs de glace et de feu, Le drapeau rouge, blanc et bleu Arbore au soleil d'Amérique La chaude gaîté d'Armorique.

Avec la fusée écarlate.

Qui crépite et crible d'éclairs Le cristal de tes dômes clairs.

Dans l'air qu'elle échauffe et dilate L'allégresse de Frauce échite.

Mais au lointain si notre oreille Entend le clairon du combat, C'eat alors que le cœur nous bat.

C'est alors que le sang s'éveille.

Au son qui frappe notre oreille.

Les Floraiamië Matuttnales

Sonnez, chantez, clairons sonores 1 Allons, étendards, en avant I Dans le feu, l'éclair et le vent, Déployez vos plis tricolores I Sonnez, chantez, clairons sonores 1

L'envahissement est immense.

— Pour chasser ces grands rettres roux.

Que ne sommes-nous avec vous.

Jeunes soldats de la défense I

Oh ! notre douleur est immense.

France, ô maternelle patrie,

Nos cœurs, qui ne font qu'un pour toi.

Encore palpitants d'émoi.

Saignent des coups qui t'ont meurtrie,

Prauee, ô mat3rnelle patrie I

Ici comme là-bas on pleure.

Dévorant le sanglant affront.

Baissant les yenx, courbant le front, Silencieux, on attend l'heure.

Ici comme là-bas ou pleure.

Quand finira l'horrible transe ?

Oh I quand de Versaille k Strasbourg,

Cloche, canon, clairon, tambour

Proclameront la délivrance

De la grande terre de France ?

DictizedbyGoOglC

La mer

Loin des grands rochers noirs que baise ta marée, La mer calme, la mer an mtirmnre endormenr.

Au large, toïit là-bas, leute s'est retirée, Et son sanglot d'amour dans l'air du soir se meurt,

La mer fauve, la mer vierge, la mer sauvage.

An protond de son lit de uacre inviolé Redescend, pour dormir, loin, bien loin du rivage. Sous le seul regard pur du doux ciel étoile.

La mer aime le ciel : c'est pour mieux lui redire, A l'écart, en secret, son iinuiense tourment. Que la fauve amoureuse, au large se retire, Dans son lit de corail, d'arabre et de diamant.

Et la brise n'apporte à la terre jalouse, Qu'un souffle chuchoteur, vagiie, délicieux : L'âme des océans frémit comme une épouse Sous le chaste baiser des impassibles deux.

Comme un fiu^tionnaire immobile an port (l'arme. Dans ces murs où l'on croit ouïr se prolonger Le grave éelio lointain d'un qui vive d'alarme, A ses gloires Québee semble encore songer.

L'humble paix pastorale a replié son aile Sur l'âpre terre où gît le sombre t-amp des morts ; Du bugle ensanglanté, la plaine solennelle N'entend plus retentir les tragiques accorde.

Ail flanc de Ift re.loute, aux poternes ouvertes. Aux créneaux de la tour, aux brèiihes des remparts, La mousse dont l'avril a teint les franges vertes. Suspend ses verts pavois et ses verts étendards.

Au port ne viendront plus mouiller les caravelles. Qii'importe? contre toute espérance, ou attend. On attend qu'on nous fasse assavoir des nouvelles Des bourgs d'où sont venus les purs Français d'autan.

Hanté du souvenir qui le tient en tristesse.

De par delà les mers, du lointain, de là-bas. L'ancien logis qu'enchante une immortelle hôtesse, De jours en jours attend quelqu'un qui ne vient pas.

Souventes fois, la nuit, comme aux jours des grands sièges. Vibrent d'étranges sons de cors et de tambours ; Et, souvent, l'on a cru voir de pompeux cortèges Défiler, radieux, sous l'ombre des faubourgs.

Lea Floraisons Maiutinales

Une garde fantôme, une ronde macabre.

Passe, marchant à pas sonore et régulier.

Et l'ou entend tinter des cliquetis de sabre Sur les marches de bois du gothique escalier.

O Québec, reste fier, reste haut sur la ranipe Que dore le passé. Pour nous hausser le cœur. Pour brandir fièrement les couleurs de ta hampe, Sois-tu toujours debout, sois-tu toujours vainqueur 1

Tant que les doux rivaux du divin Grémazle, Inclinés sous le vol d'un lyrisme idéal, luvoquant à genoux la sainte poésie.

Chanteront à plein eceur l'hymne national ;

Tant que le pur accent d'iine langue immortelle Vibrera dans l'ancien parler pur de chez nous ; Tant qu'un rayon d'amour luira dans la prunelle De la Canadienne aux clairs jolis yeux doux !

DictzedbyGoOJ^IC

A plein ciel, sur les toits, sur les places publiques. Les hivers succédant aux hivers, neigerout.

Les châsses où la France a serti ses reliques Sous leur rouille de gloire oncquea ne périront.

Aujourd'hui le cœur s'ouvre, et tout revit. Sur l'onde Danseut les rayons d'or du clair soleil pascal. Le roc s'ouvre. Qui vive ?. Il faut que l'on réponde. Sans peur, & haute voix : Frontenac et Laval,

A AL et. Mme LOUIS FRÉCHETTE

Le pi>ète, A la grâce comme au talent,

Souhaite Un long cycle île jours de l'an.

Ije ciel veuille Que nul âpre soufHe inhumain

N'effeuille Les fleurs qui sèment leur chemin.

Que la lyie Toujours uuisse au claii

Le rythme des sept eonles d'o

.Be thy grave ever greeini!

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