LES PRIX
— Voyons, mon enfant, sois raisonnable! Quitte-les pour dormir.
— Que savez-vous sur Charlemagne?
— C’était un saint qui servait des déjeuners.
— Comment! vous, le grand Charlemagne! Qu'avez-vous fait de vos Capitulaires ?
— Je viens de m’en servir pour les côtelettes en papillotes.
— Qu'est-ce qu’il y a de nouveau?
— Je ne sais rien.
— Vous ne savez rien? Je vous arrête! L’instruction est obligatoire.
— Mais, papa, je n’en jouis pas de la Saint-Charlemagne je ne contiens pas assez. Je voudrais être comme ce monsieur.
— Mon enfant : ce serait la ruine de l’enseignement.
— Dis doue, mon cher? Charlemagne bien supérieur a Henri IV. L’un ne vous donnait que la poule au pot, tandis que l’autre vous paye des dindes truffées.
UN PEU D’INSTRUCTION
— Mon ami, je t’en prie, contiens-toi ! Ce n’est pas sa faute à c’t homme, s’il fait un discours latin : il y est forcé par l’autorité.
— Prix de sagesse, l’élève Chipotardl Mon ami, qu’avez vous donc dans l’œil?
— C’est hier, en me battant avec Lapincheux, qui prétendait que je n’aurais pas de prix.
le jeune toto, affolé de terreur. — Maman! je l’en supplie, emmène-moi! Voici dix mille instituteurs qui arrivent à Paris!
— Mon ami, ne causons pas a 1 Exposition. Nous n’aurions qu’a faire une faute de français : nous aurions les dix mille instituteurs primaires sur le dos.
— La bourse ou la vie!
— Je ne suis qu’un pauvre instituteur primaire Je ne puis que vous donner 1 instruction gratuite.
— Polisson! qu’est-ce qui vous fait sourire?
— M’sieu, la pensée que bientôt nous allons nous séparer.
Premier prix de piano, MUc Darbanchu.
Ce sont les malheureux qui écoutent qui devraient avoir la récompense.
— Vous savez? la musique est défendue dans la cavalerie.
— Major, c’est du Wagner.
— C’est différent, vous pouvez continuer.
— Ne faites pas attention! Je suis musicien : j’ai voulu voir si la sonnette d’alarme était au nouveau diapason.
Je préfère encore cela aux pianos. Mieux vaut devenir sourd que devenir imbécile.
MUSIQUE
Le commissaire de l'Exposition chinoise ayant l'intention d’emporter un piano, comme instrument de supplice bien supérieur à ceux connus dans son pays.