VI PREFACE
On a d'abord expliqué ces api^arences en supnosant les étoiles attachées à une sphère solide qui, enveloppant la terre de toutes parts, tourne en vingt-quatre heures autour d'un axe dirigé d'un pôle à l'autre. Chaque planète est fixée dans ce système à une sphère transparente qui tourne comme celle des étoiles, mais en sens différent, tout en se laissant entraîner par elle et participant à son mouvement. Les planètes, parmi lesquelles les anciens comptaient la lune et le soleil, avaient ainsi deux mouvements : l'un commun aux étoiles, tandis que l'autre variait pour chaque planète.
Cette substitution de deux mouvements de rotation au mouvement en spirale, avait, aux yeux des philosophes anciens, une très-grande importance. Ils tenaient pour certain que le mouvement circulaire uniforme convient seul à la perfection des corps célestes. Leur obstination a n'en pas admettre d'autres est le trait dominant de leur théorie ei; l'une des causes qui, en les éloignant des explîca-
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lions simples des mouveinenis célestes, leur en ont caché la véritable harmonie,
L'hyDOthèsedes sphères concentriques ne reproduit avec une exactitude suflisante aucun des mouvements qu'elle a pour but d'expliquer. Le soleil luimême, qui présente, entre tous, les apparences les plus simples, est beaucoup plus irrégulier dans sa marche que ne le voudrait une telle doctrine. Il décrit, il est vrai, par rapport aux étoiles, un grand cercle que l'on nomme écliptique ; mais son mouvement sur ce cercle est loin d'être uniforme.
Les allures de la lune sont plus irrégulières encore. Son mouvement de rétrogradation , soit par rapport aux étoiles, soit par rapport au soleil auquel on Ta souvent rapporté, est fort irréguiier, et son orbite change d'année en année, suivant une loi que l'on a mis longtemps à découvrir.
La complication des apparences augmente encore bien davantage lorsqu'on passe à l'étude des planètes. Les planètes, en effet^ diflerant en coivi. du soleil et de la lune, ne retardent pas incessam-
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meni sur les étoiles, et, en supposant que la sphère qui les porte tourne uniformément d'occident en orient, leur mouvement n'est pas même grossièrement représenté.
Api es s'être avancées vers certaines étoiles, on les voit pendant plusieurs jours demeurer stationnaires, puis se diriger en sens inverse pour s'arrêter encore et revenir de nouveau sur leurs pas.
Les astronomes, engagés dans une fausse route, rencontraient donc, dès les premiers pas, de graves écueils; et tandis que les vrais principes simplifient tout quand ils sont trouvés, le système ar tificiei des sphères concentriques conduisait à des complications toujours croissantes. 11 fallut augmenter peu à peu le nombre des sphères. Eudoxe, contemporain d'Aristote, attribuait à chaque planète quatre sphères différentes emboîtées les unes dans les autres et douées de mouvements divers, parmi lesquels il en suppose même d'oscillatoires.
Le soleil et la lune, moins irréguiïers dans leurs alîures, avaient chacun trois sphères solides. Aris-
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tote, en étudiant les phénomènes de plus près, trouva encore de grandes difricultés, qu'il crut faire disparaître en portant à trente-six le nombre total des spnères. Mais il ne put jamais tout concilier, et des observations plus précises et plus prolongées exigeaient sans cesse des suppositions nouvellf^s.
Lorsque Fracastor voulut, au commencement du seiziôme siècle, renouveler ie système recommandé par les noms si grands alors d'Aristote et de Platon, les progrès de la science l'obligèrent à admettre soixante-dix-neuf sphères emboîtées les unes dans les autres, douées chacune d'un mouvement propre et entraînant avec soi celles qui les entourent.
Beaucoup de bons esprits cependant étaient choqués par l'inutile complication de ces rouages si nombreux. On acceptait avec quelque peine ces sphères si transparentes que les rayons lumineux les traversent sans être affaiblis, et si solides pourtant qu'elles peuvent guider les corps célestes et les te-
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nir assujettis en les entraînant avec une incovxipréhensJDle rapidité.
Apollonius, qui vécut peu de temps après A.rlstote, proposa le premier le célèbre système des excentriques et des épicycles, auquel on donne plus souvent le nom de l'astronome Ptolémée qui l'a adopté et commenté.
Ce fut une idée très-neuve et très-heureuse que celle de faire mouvoir les corps célestes dans des cercles excentriques, c'est-à-dire dont le centre était supposé hors de notre terre.
Le mouvement étant alors uniforme, comme on le croyait nécessaire, la vitesse semble cependant dans cette hypothèse devenir variable à cause de riniluence du changement de distance sur la grandeur apparente du chemin parcouru.
La théorie des orbites excentriques, tout en représentant quelques-unes des apparences, ne supportait pas l'examen minutieux des détails, et il faKut lui adjoindre l'hypothèse des cpicyclc-^, qui consiste à supposer la planète mobile sur