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LA FOI

Christ et se présenter comme la règle de la foi du croyant. Nous sommes ramenés à l'individualisme.

Quant au « subjectivisme » et à « Tilluminisme », ils se présentent l'un et l'autre comme une conséquence naturelle du nouveau système. Chacun, en efTet, se détermine à croire sur des impressions personnelles et nullement sur des motifs de crédibilité objectifs, rationnels, valables pour tous, « la force de la foi n'étant appréciable que pour la foi même », et la conscience n'ayant d'autre appui que » l'intuition surnaturelle et l'expérience personnelle intime, qui a toujours été la véritable démonstration de la religion y.

11 n'a pas plu à Dieu de donner à l'homme, en cette vie, au moins dans l'immense majorité des cas, ce sentiment intime et délicat qui, par sa seule présence, fait connaître la vérité de la foi et de la religion comme le goût distingue le doux de l'amer, comme l'œil discerne le blanc du noir. — Le sentiment religieux est un sentiment très pur et très noble, mais comme tous les sentiments il est subjectif, relatif,variable. La foi, au contraire, est objective, absolue, immuable comme l'autorité et la parole de Dieu. Le sentiment ne saurait donc porter le monde de la foi. Ne laissons pas croire que la foi ne peut justifier ses titres aux yeux de la raison, et qu'elle est réduite à en appeler à « l'intuition surnaturelle » — d'ailleurs inexistante — et à « l'expérience personnelle intime »,dont sont dépourvus la plupart des chrétiens, et qui, variant avec les

personnes, n'aurait aucune chance d'échapper aux llottemenls de l'individualisme.

Il ne faut pas non plus exposer la foi d'un grand nombre à glisser peu à peu du sentimentalisme dans le scepticisme. Fondement de la vie et des vertus chrétiennes, la foi doit être assez solide pour résister à toutes les tempêtes du dehors et du dedans. Cette solidité à toute épreuve, elle la trouve dans les motifs de crédibilité précis, universels, indiscutables, que nous avons empruntés au Concile du Vatican. Elle ne la trouverait pas dans un sentimentalisme vague et fuyant, condamné à chercher sans cesse des abris provisoires, sans pouvoir jamais découvrir un point fixe. N'est-ce point là ce que semble dire une déclaration comme celle-ci : '< La foi n'a point ici-bas de demeurer permanentes, mais elle a constamment besoin d'abris » * ?

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