‹ Les Fontaines PubliquesChapitre 22 sur 211 · C.hlorim; de chaux O.lliO · texte numérisé non relu

C.hlorim; de chaux O.lliO

Sulfate de chaux 0,008 ( 0 ,,qs

(arbonate de chaux 0,082 )

Matières organiipies, en très-grande quantité.

II serait donc superflu d'insister davantage sur l utilité que présentait pour Dijon une distribution d'eau abondante et pure, et nous allons juisser à la discussion des moyens tjui s'olfraient de la lui procurer.

On a vu, dans les deux chapitres pn-cédents, que l'on avait à peu pW‘s étudié tous les modes de fournir des eaux à Dijon; <pie l'on a suceessivt'meut propose* de recourir à des canaux de dérivation; à des conduits en fonte, en terre cuite, en maçonnerie; A des aqueducs chargés de recueillir les eaux pluviales ou souterraines ; à la force motrice de H>uche; au puits artésien ; à la machine à vapeur enfin.

J'ai élagué, chemin fai.sant, les projets qui ne me semblaien'. pas mériter un examen sérieux.

Il me reste seulement à soumetln^ à un examen comparatif:

1“ l.a dérivation de la soura* de iSeuvon;

2° Celle de la source du Roscyr ;

3* L'exliaussemenl artificiel des eaux du puils artésien;

i° Celui des eaux de l'Ouche.

Mais, avant d aller plus loin, un mol sur le volume tl eau qu'il convenait de conduire à Dijon.

Voici, d’après les principaux auteurs anglais ipii ont écrit sur la matière, les articles firincipauv de la dépen.se journalière de la rouniilure d’eau d une ville:

1° Usages domesticpies, comprenant la lioisson, le lavage des personnes et des vêtements, des ustensiles de ménage, des maisons et des cours, ainsi que l’arrosenieiit des jardins; ^

2" Les maiiufactuivs; ,

3» L’approvisioniiemeul des édifices publics, des établissemeiiLs de bains, des buanderies ;

i“ L extinction des incendi(\s;

.•)“ lyC nettoyage et l'arrosage des rues;

(>" La fourniture des fontaines et des jardins publics.

La fourniture deau peut se réduire i\ une moyenne, par chaque habitant, pour les articles 1. ■>, et 1, ain.si qii'A une moyenne par acre, yard ou iiied carré de la sujairficie de la ville pour les articles 5 et ti.

Les auteurs priVités admeltimt qu’il tombe moyennement 21 pouces de pluie par an, dont la moitié seulement peut concourir, avec la fourniture artificielle, aux lK-.soins exprimés dans les articles 5 et «. Daiitrc part, ils estiment qu un dixième de pouce d'eau par jour sur toute la sujierficie de la ville corre.spond aux exigences des articles 5 et IJ. L'épaisseur annuelle de la lame d'eau sera donc de 3li pouces 1/2, desquels, déduisant les 12 pouces d'eau pluviale, on obtiendra 21 pouces à fournir artificiellement, on 13,5(i(l pieds cubes par acre carré.

Revenons maintenaiil à la consommation des articles 1,2, 3 et 1. Celte cnnsommation peut être représentée par une fourniture jourimlière de 20 gallons par tête dans les villes où les fabriques sont dans une proportion ordinaiir. L’expérience vient h l'appui de cette hypolhè.se : A Preston, dans le comti'- de Lancaster, la Compagnie des eaux fournit moyennemeut SO gallons par jour par maison, compris les fabriques et établissements publics, d où IC gallons par tète, à raison de habitants par maison.

CHAPITKF. Il, — SOt'RCK DU «OSOIU.

Tl’aprf^ les oxpi'Ticnrcs faili's en 1S47, la qiianlilt' dVau, par tt'le ol par jour, fournie par la ('ompapnic d'Ashloii pour les arlieles 1, 2, d et i, esl d'environ M pallons; A NoUinshain, la compagnie de Trent fournit 1" A 18 gallons par jour par liabilant, en y comprenant la eonsonnnation industrielle.

Les concessions faites par ((uatre îles principales l'.oni|)agnics de Londres sont

les suivantes :

Ensl-I.ondon 100 gallons par maison et par jour.

New-Uiver lli —

West-Middlesex l.ôO —

Clielsea l.')l —

La différence entre les fournitures faites d’un ciité par les Compagnies East- London et New-Hiver, et d'autre côté par les Compagnies A\'est-Middle.sex et Clielsea, tiennent à ce que les deux premières alimentent des quartiers populeux et iwnivres, et les deux dernières des [laroisses riches, dans lesquelles les maisons sont plus vastes .et coniprenuenl plus d’habitants.

La moyenne générale des fournitures faites par ces quatre Compagnies serait donc de 18 gallons par tète, A raison de 7 1/2 habitant^ par maison.

On arrive ainsi A une n>gle pour la ipianlité d'eau A fournir A une ville, d’après sa [lopulation et la superficie qu elle couvre.

Soit, pur exemple, une ville ayant 100, (MM) Ames et 1,000 acres de superficie, le volume d'eau né’Ciîssaire pour son approvisionnement annuel sera :

1* HMI.OOO X 20 gai., X 01*5 = 730,000,000 gallons.

2” I.O(M) X 13,.ôf>0 X 2 X 0 = .')22,720,0IKI

(En adinttuinlque rh/ique |deil cul«=:C }Ri)Ioo«.) — —

Tot.U,. . . 1,2.Ô2.720.(M 10 gallons.

d'où, par jour et par habitant, 3i gallons en nombre rond, on 1.71 litres, A raison de 1 litres .51 par gallon.

Les commissaires de la dernière enquête sur l approvisionnenient de leau de Londres estiment ainsi qu'il suit la ({uanlihî d'eau nécessaire A la métropole ('):

1° Usages domestiques, A raison de 7.5 gallons par jour par maison, soit,

(') Voir la noie C.

75 IlIS'fOlKE IJEs ri).NTAlXF.S PLIU.IQCES DE DUON. -i" PARTIE.

pour iXiS.IHIII tiiaisoii> ^1 ,iiUO,IHID gallons.

2“ Pour les bains I,IMH),IMHI

;P l’üuriiitnn'S pour m-ttovagi' des cours, des Irotloirs,

dos rues t*l Tarrosonu'ut d<“ cos dornicivs lO.IMHI.IKH)

i" Krassours cl autri's grands cunsoiiimutcurs {,IKIO,DI)ll

.')• Im-ondics et cas iniprovns ;i,iOO,DOO

Total de la fotirniluiv journalière <0,D(Kt,000 gallons.

Il'où, par jour ot par liubilanl;

En kjUoiu. En lilrc*.

1“ Pour les arlicles 1, 2, i et I5,.'»tl 70.78

2" Pour la ItRalité des besoins 20,70 04,00

J'euiprunterai encore à d'autres sources quelques renseignemonLs sur la (|iianliU; deuu que les ingénieurs anglais jugent nécessaire d’attribuer à chaijue habitant.

Je lis dans un rap|M>rl de M. William Haywood aux commissaires du canal «les égouts de la cité de Londres, (pi'il faut toujours coui|)ler au moins sur 30 ijttUuHs par UUc, .soit 110 litres environ. Il arrive A ce chiffre aprirs avoir passt'- en revue les opinions d«»s Conseils de .salubrité, ainsi que adles des ingénieurs chargés <les fournitures d eau d'une quinzaine de villes d'Angleterre.

.M. 1 ingénieur Wicksleed, consulté |>ur M. l ingéiiieur en chef de Monlrieher, lui répondait qu'il évaluait un moins A 20 gallons la quantité d'eau à attribuer

par tète, savoir ;

S«‘rviee des habitants 12 gallons.

iSidtoyage des riuîs 1

Mains et .sidubrilé 1

Ln 1810, la t'.ompagnie tic M. \\ it-ksleed dépensait moyennement à Londn-s, par jour, 170 gallons par maison.

Dans imc semuiuc d'élé, la consommation s'est élevé*' à 21,') gallons par maison, ce qui correspond A 28 gallons par habitant, ou A 13.'") litres environ, r.'esi donc celle dernière quantité que l'on iloit être en niesun’ de fournir, llu reste, la consommation tend toujours A s'accroître.

(XAPITRE II. — SOURCE DU KUSOIH.

N. Wickslml ilrpensail primilivi-iuent par inuisuii, dans les quartiers qu'il dessenait, liO gallons; il est suceessivement arrivi'* à I7f> gallons, et mt'-nie à 245, comme on vient de le voir.

Il résulte encore de renseignements recueillis par M. de Montricher à rétablissement des eaux de Hull, ville de KHI.UOO dnies, que la quantité d'eau fournie par lis machines est, [air jour, de 172,2X0,000 litres, nu, par iialulant, de 173 liires.

Ainsi, le chiffre de 1.50 lilriT» par tête (>st à jh‘U pn'-s celui auquel M'inblent s’arrêter les ingénieurs anglais, bien (|u'il n'v ait en Anglelern* aucun é«-oulement public comme en France.

Dans notre pays, on dépense aujourd'hui à l'intérieur (^') moins d'eau qu'en Angleterre, mais beaucoup plus h l'extérieur. On sait (|u'à Londres, par exemple, les eaux ménagères et les matières fécales sont entraînées dans la Tamise par les torrents d’eau qui, de chaque habitation, descendent dans les égouts (*). Mais il n’existe dans cette cité ni fontaines publiques, ni bornes-fontaines; ou n’y nmeontn! |>as «*s courants d’eau vive qui répandent dans l air la fraîcheur et purifient les ruisseaux des rues de Paris.

On voit aisi'mtent pounjuoi : l’eau est toujours distribuée, dans les villes d'.\ngleterrt‘, par des Compagnies (jui ne pourraient accepter l'élablissement de bornes-fontaines, lesquelles seraient un sérieux obstacle aux bt’mélk'es quelles doivent tirer de leur entreprise. On comprend, en effet, que pour amener les habitants à contracter des abonneuieuls, il faut éviter de placer sous leurs mains des sources auxquelles ils peuvent puiser gratuitement lorsqu'elles roulent. Ou avait eu jadis à Paris la malencontreuse idée de s'opposer à ce puisage; mais l’administration a dû laisser su décision sans exécution, du moins quand il s’est agi des classes laborieus<‘s et elle a fait son devoir en agissant ainsi : une Compagnie ii'aurait pu se désister de son droit sans indemnité, car elle aurait abandonné une des conditions de son existence.

Je crois qu'il y a mieux à faire encore et que les bornes-fontaines doivent être munies d’un robinet ou d'un clapet qui permette aux habitants d’y puiser

(‘) Cette oonsommation s'accrottra ragidoment avec les progrès du couiforl intérieur.

(*) On a calculé que les produits de ces égouts, qui disparaissent ainsi saus proUI pour ragricullum, constituent une perle d'au moins 5 niillious.

lü

HISTOIRE DES FOfTTAliVSS PDBLIQCES I)B DUON. — 1- PARTIE.

de l'eau ù toute heure, et c'est ainsi cpie j'ai procédé à Dijon avec l'entière approbation de l'aduiinistrutiou municipale.

Due l'on fasse payer le prix d'une concession d’eau lorsque l'eau doit arriver dans l’intérieur de la iiiuison à un étage quelconque, cela se comprend: la ville, dans ce eos, se fait porleur d eau, une rémunération lui est due; mais on doit, le plus possible, favoriser le puinaije gratuit aux voies d'écoulement, car la santé publique l'exige, l’iie ville qui a souci des intérêts de la classe pauvre ne doit pa.s plus lui mesurer l'eau que ne lui .sont mesurés le jour et la lumière. / VoilA pourquoi l'intervention des Compagnies dans les questions de distrij bution d'eau me paraît un problème très'-difficile è résoudn- dans l’intérêt des clas-ses ouvrières (').

Mais je reviens à mon sujet:

Duel est en France le volume d eau nécessaire à l’alimentation d'une ville? Et d'abord, j'adopterai le chiffre de iO gallons par habitant et par jour, pour les usages domestiques, les arrosements de jardin, les bains, les établissements industriels, les incendies, et je suppos<‘rai, eu outre, qu’il comprenne la dotation des fontaines publiques.

20 gallons, A raison de 4 litres ,ôi par gallon, donnent un produit de 90 litres (*). Tel est, A mon sens, lii premier terme de l'expression qui repré,sente l'alimentation d’une ville.

Le second terme est relatif au lavage tles ruisseaux par les bomes-fontaines et aux arru.sements de la voie publique, à l'aide de tonneaux ou de la lance.

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