AVANT-PROPOS
Il ne semble point que la victoire doive libérer les Français de leurs superstitions et de leurs erreurs.
La paix sépare et rend hostile ce que la guerre avait uni et pacifié. Si le travail fécond est négligé, tout^est à la politiquerie stérile, aux élections.
Déjà, les intérêts, les ambitions, les passions ont constitué des partis, c'est-à-dire divisé le sentiment national, effrité la conscience morale.
Par tous les moyens — et les pires — on va en appeler au nombre pour une fonction qui n'est pas la sienne.
Sélection du bagout, de l'incapacité, du mensonge, de la corruption et du cynisme, ces « élus » s'assembleront. Ils feront et déferont des ministres. Ils élaboreront des lois. Ils quémanderont pour leurs mandants. Enfin, ils débattront de ce qui se décide d'en haut et par un, non d'en
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bas et par tous, de ce qui se fait et ne se parle pas : une administration, un gouvernement.
Et ça recommencera, hélas ! Et les mêmes causes — aggravées — produiront les mêmes résultats — empires. Le désordre se propagera, avec le paupérisme, la démagogie, la sédition. Nous glisserons de plus en plus vite sur une pente que tant de « réformateurs » s'appliquent à enduire, les uns de la cire socialiste ou de V huile radicale, les autres du savon conservateur. Tous ces toboggans de V absurde convergent vers le même abîme de boue et de sang où s'engloutissent les peuples qui ne savent plus se discipliner aux conditions de V existence sociale.
Sans être suffisante, la première de ces conditions — un gouvernement — est essentielle. Or le moins qu'on puisse dire du suffrage universel et du parlementarisme, c'est qu'ils sont radicalement impropres à former cet organe exécutif de l'intérêt général et même à maintenir ce que la nécessité, malgré tout, spontané" ment, fait surgir d'autorité.
L'exoérience est de tous les temps, de toutes les latitudes et de toutes les races. Elle n'a jamais laissé d'être significative.
En France, après 18W, nousf,' avons méconnue. Après le cauchemar de ces cinq années,