LA VILLE
Recouverte d'un masque indifférent, la ville Aux yeux de l'étranger nettement se profile. Elle a sa forme exacte, un dessin arrêté, Beaucoup de mouvement mais nulile intimité. Uu'C âme collective et superficielle Où la couleur d'un iiiur seulement se révèle.
Il faut pour la connaître avoir vu ses maisons Naître et se remplacer ainsi que les saisons. Sur le cadre précis des nouvelles façades, L'funbre des anciens umrs demeure en embuscade. A la cité vivante un'c morte se joint. Avant (lue d'e son air nous sentions le besoin,
Pour ciu'ellc nou,- émeuve et soit une patrie, 11 faut avoir laissé, dans .-?on sein, de la vie ; Là de la joie, ici des pleurs, plus loin du sang. De plus, si des amis avec nous, en passant, Y semèrent épars des lambeaux d'existence, Une rue, un trottoir cachent des souvenances, Les pierres des maisons renferment des secrets. Au-dessus, au-desso^ls la ville éten 1 des rets ( )ù, comme autant d'oiseaux, se prennent nos pensées. Et (le\ant des maisons aux Jignes redressées ()ù rien n'indique plus un toit qui s'écroula, Rêveurs, nou's exhumons parfois de la mémoire Des reliques d'amour, un bonheur, un déboire. Et nous nous répétons encore: C'était là !
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