JOUR ET NUIT
Le jour, c'est le travail forcé de l'existence,
Banal en sa nécessité, La lumière trop crue offre une résistance
Invincible à la volupté ; Obsédants les contours et les couleurs s'imposent
Aux yeux dilatés par l'effort, Mille vibrations brutales s'interposent
Entre J'onie et le confort ; Le sang se précipite à flots dans les artères,
La pensée atteint à l'aigu, La vérité cruelle éclairant les misères
Nous montre le coeur exigu.
Le soir, c'est l'enchanteur qui provoque le songe
— Coma total ou partiel — L'âpre réalité devient un gai mensonge
Dans un cadre artificieil.
Les visions du jour s'estompent dans la brume,
Les ombres surgissent du soil, Le cailme séducteur adoucit l'amertume
De l'âme qui prend son envol ; L'écho redit les mots projetés dans l'espace,
Après les avoir embedlis ; Nous tro'uvonis à nos pieds, rayant le noir, la trace
Des souvenirs ensevelis.
Gigantesque union des forces gouvernantes : L'ombre absorbe lumière et bruit,
Et les impressions du jour restent vivantes. Le jour on passe, on vit la nuit.