PATINAGE
Sans effort, je tourne, je g"lisse Ainsi que mû par une hélice
Dans le néant.
Sur la 8'lace polie et dure Mon jjatin trace une guipure
Au point géant.
Une valse folle aiguillonne La foule qui court, tourbillonne,
Tête en avant.
C'est un remous d'étoffes souples.
Une charge ileste et par couples
Contre le vent.
Sensation délicieuse,
Rien n'est réel. L'onde joj^euse
M'ensevelit.
Je la perce, vire, tournoie, Et le couple que je coudoie
Semble petit.
Pareillement je diminue,
Nous sommes un point dans la nue;
Je ne sais pas Si je patine ou si je vole, Je ne vois qu'une farandole
De haut en bas.
L'acier grince, partout on jase...
Est-ce que la mouvante extase
M'échapperait ?
Voici le dernier son des cuivres Sans aucun doute je fus ivre
-A peu de frais.