L'IROQUOIS
Ainsi qu'en embuscade au socle qui l'attache Et nu, comme autrefois ses aïeux au désert, L'Iroquois belliqueux ranimé par Hébert, Dans sa main de vaincu brandit toujours la hache.
Sons la pluie et la neige, impassible, il revoit Les pirogues dansant de rapide en rapide, Les poteaux de torture et les scalpes humides, Les chasses des tribus maîtresses dans les bois.
Le désir grandissant de la ville fumeuse D'étouffer l'île entière en ses bras d'octopus, Et la clameur de la cohue ambitieuse, Sur son mas<iue de bronze impriment un rictus.
Il est vengé. Plutôt qu'errer dans la montagne,
Libres, indépendants du travail odieux,
Après s'être emparé d'un paj's giboj'eux.
Ses vainqueurs en ont fait, pour eux-mêmes, un bagne.
LF.S VIEUX CAN0N5
Ils sont là huit canons d'archaïque modèle, Placés négligemment, abandonnés, l'pars, Qui, sans s'apercevoir de ce manque d'égards, Méditent sur la guerre impitoyable et belle.
Ces noirs tubes de bronze ont le tj-mpan rebelle, L'enc'louage brutal les a rendus hagards. Ils se croient dans 'la nuit, bracpiés .-ur des remparts Où sonnera dès l'aube une charge nouvelle.
Le fracas agaçant des tramways foaette l'air, Les soldats autour d'eux font résonner le fer ; C'est en vaan, les vieililards songent clans le silence.
Mais quand la foudre gronde et que brille l'éclair. Les prenant pour un feu qui réclame vengeance, Les canons mutiJés frémissent d'impuissance.