UN CORBILLARD PASSE
Voici la mort dans son faste lourd. Un corps de plus ipi'il faut enti-'loutir ! Et la covitunie, avant d'en finir, Veut qu'on le traîne insensible et sourd, Vers l'ouraiian des notes funèl)res D'un oryue aveu.nlc et fou de ténèbres.
L'orgue yémit sous le noir velours. On entend des pleurs et des soupirs.
L'enfant de choeur s'amuse à ternir, Par trop d'encens, le trop faible jour. Siiiistremeiit grincent les deux câbles Pour déchaîner un glas formidable.
Les .sons du glas deviennent plus sourds. La pioche creuse un nombre avenir Où Je corps vaniteux va pourrir, Malgré sa boite aux ornements lourds.
On n'entend plus qu'un bruit sec de pelle; Un peu de boue à d'autre se mêle.
TABLE.MX 51
50NNET5 inPRESSIONNISTES
Quelle âme revêtir dans cette forêt \ierg-e Qui va, grimpant Jcs monts, au ciel donner assaut, Où la terre a gardé l'empreinte d'un sursaut i'ar ciuoi, depuis des temps fabu^leux, elle émerge.
Arrière fatuité,- loin de moi rire sot Que l'on promène au ha!, (lan> la rue ou l'auberge. Comme si j'explorais quelque nouvelle berg-e, J'aurai l'àme qui sied en face d'un berceau.
LES lOKCIîS
Ce l)ois évocateur de rhuniainc origine. Où la hache, plus tard, sonnera la ruine, Ecrira nia devrsc : Espérance et regret.
Si ma chair Irenibie et crie en la montée abrupte»
J'accuserai ma chair plutôt que la forêt ;
Je serai désormais plus fort aux jours de lutte.
TABI.EALX 53
J'avance, la nuit vient; tout le rouge et le vert, La gamme cliTomatique où de jaune domine, Se sont clvangés en noir depuis que je chemine. Et la brise s'exerce aux rafales d'hiver.
Quel trou miraculeux pour bâtir un enfer ! 11 a. plein ûc vapeur, déjà l'air d'une usine, Et Satan cueillerait alentour sa résine. 11 me semble (lu'ici des hommes ont souffert.
LKS 1-OKCES
J'ai frisson. Est-ce un arbre ou quelque bête fauve Qui se profile sur la cote demi cbauvc ? J'irai; mieux vaut ri>(iuer que retourner là-bas.
Je sens ce geste plus frondeur que téméraire. C'est se dire, escomptant son bonheur ordinaire Peut-être je mourrai, mais je ne le crois pas.
La nuit avec ses mains d'insidieux i;énic. Jumelle du néant sardonique et lylas'^ lli'er, la niviit. qui tient le sarcasme aigiiisé, Délaya dans mon coeur la morgue et l'ironie.
Alphabet primitif, simple mnénu)tcclinie. An cllair .^rtlei-l je vois dans ce mont hérissé La hciule que figea le globe un peu lassé, Eu mémoire de son effroyable imisomnie.