SCENE VI
Les mêmes et Sarm(jnt
Sabmont
Vous avez raison, Madame. On ne saura jamais ce qu'il y a là! (Mettant le doigt sur le front.)
DE BiCOTJRT
// aurait fallu venir plus tôt. Vous auriez entendu des théories merveilleuses.
Saemont
Mais continuez donc!
Noël
Toutes ces idées sont très profondes ou très hautes, — comme vous voulez! — aussi vertigineusement
hautes Qite l'Himalaya. Mais l'attrait des abîmes ne me tente pas. Je ^préfère la terre fermée, avec des routes bien tracées et très droites, avec des cantonniers pour les entreteiiir, et bordées de frais bosquets 2ieuplés de jolies femmes.
Ltjcienne
Ce que vous dites là, c'est l'éloge irraisonné du dogmatisme à l'usage des épicuriens. Vous prenez le parti des lâches, qui ne savent ou ne veulent pas penser, qui acceptent les doctrines toutes faites, incapables de regarder en face les inconnues, de se hisser au-dessus des clôtures du chemin. C'est dans cette stagnation intellectuelle que, depuis des siècles, les générations se sont aveulies les unes après les autres. Vous aussi, vous êtes l'homme des plaisirs et des solutions faciles, qui dispensent des grands assauts.
DE RiCOTJET
Accablez-le, accablez-le! Il l'a bien mérité. Mais je crains d'avoir mon tour et je vous quitte.
Lucienne Alo'rs, ce sont mes paroles qui vous chassent?
DE RicorBT
Non. Je plaisante. Je suis attendu et je regrette de n^e pas entendre /jZws longtemjjs la plus belle batailleuse d'idées qui soit au monde.
(de Ricourt et Lucienne se serrent la main.)
LrCIENNB
A bientôt, n'est-ce pas?
DE RlCOTJKT
A demain, si vous le permettez, et à la même heure.
LrciEXXE A demain!
(de Rioourt sort.)