SCENE X
Lucienne, Sarmont
Lucienne
Je S'j^is à vous, mon cher Sarmont. Vous vous faites rare. Vous avez cependant le temps. Vous êtes célibataire.
Saemont
J'écris en ce moment un livre sur Z' Assistance publique, quÀ exige de longues recherches. Et puis, je m'occupe aussi de la création d^une œuvre très utile. Il s'agit d'envoyer à la mer des enfants malingres... C'est même pour cela que je suds venu.
Lucienne
Puis-je vous être bonne à giieîqiie chose?
Sahmont
Oui. Nous connaissons votre cœur généreux et votre pitié pour les souffrances. On vient de m^apprendre à l'instant au téléphone qu'il ne nous faut plus que vingt souscriptions de cinq cents francs pour parfaire le capital.
Lucienne
J'en prends deux. Et je fais des vœux pour le succès de vos efforts.
Sabmont Merci!
LtrCIENNE
Qu£l est le promoteur de cette œuvre?
Sarmont Quelqu'un que vous avez très bien connu. Adrien.
Lucienne Adrien! Comment va-t-il?
Sabmont
Très bien. Il travaille beaucoup. Tous les loisirs que lui laisse sa clientèle de plus en plus nombreuse, il les consacre au soidagement des misères.
LrCIEXNE
Noble cœur! (Avec un sourire.) N'est-ce pas lui qui vous téléphonaitl
Sarmont
C'était mon ami Valcour, auquel j'avais dit que je me rendais chez vous. Vous n'avez plus revu Adrien, ni même entrevu?
Lucienne
Non, Efi cependant, jjouvait-on être plus intimes que noits l'avons été? Aujourd'hui, plus une poignée de mains, plus un échange de regards... Bien, rien!
Sakmont Que voulez-vous? Le mariage vous sépare.
LrciExxE Je ne lui demande pas d'être un héros...
Sarmont Vous l'avez beaucoup aimé.
LrCIENXB
Beaucoup, beaucoup.
Sarmont Et vous l'aimez toujours?
Lucienne
Autant qu'au premier jour et... qu'au dernier...
Sarmont
Dites-moi, que feriez-vous si vous deviez le rencontrer tout à coup, là, dans la rue, en tournant un coin?
Lucienne
Lui, que ferait-il?
Sarmont Il serait très ému.
Mais que ferait-il?
Sarmont Oh! J'en suis sûr, il vous tendrait la main.
Lucienne
Mais il regarderait autour de lui si personne ne le voit.
Sarmont Non!
Lucienne Si!
Sarmont
Et que feriez-vous 1
LirCIENKE
Je lui parlerais comme à un ami qu'on affectionne beaucoup et qu'on, va chercher parmi la foule, au débarcadère d'un transatlantique, au retour d'un long voyage... Mais pourquoi me faire penser à une chose qui n'arrivera sans doute jamais?
Sahmoxt Le hasard est un grand maître.
LrciE>r>'E Je suis toute résignée.
Sakmoxt
Il me sem,hle même que vous cherchez à vous étourdir. On rencontre ici les représentants des m,ondes les plus divers. Et vous discutez passionnément les questions les plus élevées, comme tout à l'heure encore...
LrCTEXKE
Oui, c'est ma joie! Démolir les opinions toutes faites! Quelle jouissance!
Saemont
Et quelle fougue, presque masculine, vous y mettez!
LT7CIEN3ÎB
Je me laisse aller à ma nature. Je dois paraître bien pédante?
Sabmont
Peut-être pour ceux qui ne sont pas à même de vous comprendre.
Lucienne
Voulez-vous nous accompagner ce soir au spectacle? Nous soupons ensuite au cabaret.
Sakmont
Vous allez faire des folies?
Lucienne Mais oui!
Saemont
Si alors Adrien vous voyait! Qu^ croirait-il?
Lucienne
Ce qu'il voudrait.
Saemont
Vous ne pensez pas ce que vous dites.
Lucienne
C'est comme vous voulez!
Saemont (se levant)
Eh bien, à ce soir! J'accepte volontiers. Cela me distraira.
Lucienne
Lambert vient me prendre. Venez aussi.
Sabmoxt
C'est entendit'. Et merci de grand cœur pour votre souscription. A ce soir/
(Au moment où Sarmont est sur le point de sortir.)
LucnaîNE
Dites. Adrien est-il heureux? Aime-t-il sa femme? Vous, son vieil ami, vous devez le savoir.
Sakmoxt Oui, il aime sa femme.
LrciEN>-E Si c'était non, vous ne le diriez pas\
EIDEAU