IL PLEUT. LE CIEL EST NOIR
Tu viens pétiller goutte à goutte Sur le cœur qui, comme les fleurs, Te reçoit, t'absorbe et t'écoute.
Et je respire sans effroi Un languide et terreux arôme :
Odeur du sol, le dernier baume Autour des corps muets et froids !
— Parfum large et lent que je hume, Calmes effluves dilatés,
Confort divin des nuits d'été.
Se peut-il que je m'accoutume A cette noire éternité Où tout humain vient se défaire ?
— 0 monde que j'ai tant aimé.
Un jour mes yeux seront fermés, Mon cœur chantant devra se taire.
Le souffle un jour me manquera.
En vain j'agiterai les bras !
Je songe, ardente et solitaire.
Au dernier objet sur la terre Que mon regard rencontrera...