‹ Les forces éternellesChapitre 145 sur 223 · E LE PLAISIR · texte numérisé non relu

E LE PLAISIR

Plaisir, effarement, puis révélation, Passage de la mort franchi, clarté soudaine, Être un dieu; connaissance, ample précision; Puis cette pauvreté de la tendresse humaine !

Et pourtant rien ne vaut que vous, plaisir amer, Sur qui posent le monde et tout l'humain théâtre, Amer plaisir, profond tel la profonde mer Qui porte allègrement les pesantes escadres !

N'est-ce pas vous toujours ces rêveuses lourdeurs

Du printemps pluvieux, ce pépiement d'eau fraîche

Dans la noire forêt, ces subites odeurs

Des bourgeons, crépitant sur les écorces rêches;

Ce cri d'oiseau avec sa tristesse de cœur,

(Cri ténu et pourtant enflé comme l'orage).

Ce cri d'oiseau, le soir, n'est-ce pas votre ouvrage,

0 sournois compagnon, solennel et moqueur,

Plaisir, vous qui toujours remplacez le bonheur !

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