C'ETAIT LA SOLITUDE
C'était la solitude et sa féconde ivresse ;
Le vent des ciels du soir, plein d'une ample vigueur,
De la nue à la terre élançait ses caresses :
Je recevais avec une avide allégresse
Cet univers dissous qui pénétrait mon cœur !
Et l'espace, et l'espoir, et l'éternité même Devenaient familiers à mon docile esprit ; Les astres décelaient d'ineffables problèmes A cette âme attentive où rien n'est circonscrit.
— Alors, me surprenant, — o toi qui seul existes, —
Amour, iniquité sublime, tu survins,
0 chasseur turbulent, voleur jaloux et triste,
Fier de ton indigence et du désir divin.