‹ Les forces éternellesChapitre 26 sur 223 · COMPONCTION · texte numérisé non relu

COMPONCTION

J'ai mis mon cœur avec de jeunes morts naguère, Mais comment vous parler, soldats morts dans la guerre, Immensité stoïque et gisante, par qui, A votre exclusion, tout bien nous fut acquis ?

— Un million de morts, et chaque mort unique : Un mourant, sa fierté, sa foi, son dénùment, Sa pitié de soi-même à son dernier moment, Cette acceptation secrète et nostalgique,

Et l'univers Immain qui s'évade d'un corps Comme un vol effrayé de fuyantes abeilles ! Les leçons de Virgile et celles de Corneille, Les horizons, l'orgueil, le plaisir, les efforts, L'espérance, tout est abattu lorsque tombe Un de ces beaux vivants qui désigne sa tombe Et la creuse, étendu, de la tète aux talons...

— Avons-nous vraiment dit parfois : < Le temps est long »

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