LE PAYSAGK EST CALME
L'espace peinturé d'odeurs Et capitonné de verdure î
Sur le divan pâmé du temps, Le croissant de la lune froide Jette sa lame, courbe et roide Comme la dague d'un sultan.
— Je n'ignore rien, ô Nature, De votre vague immensité, Je subis la tendre torture Qu'impose un vaporeux été,
Je sais qu'un invincible abîme Enlace mes pieds et mon corps, Et que j'avance vers le crime Inconcevable de la mort.
— 0 belles choses naturelles !
Que par vous mon rêve a saigné !
Mais par mes chants, tout imprégnés D'un élixir dont je chancelle.
J'enclave l'homme, dédaigné,
Au sein de la vie éternelle !