‹ Les forces éternellesChapitre 36 sur 223 · MATIN D'ETE · texte numérisé non relu

MATIN D'ETE

Le chaud velours de l'air offre à la rêverie Un divan duveteux où mon esprit s'ébat, La verte crudité de la jeune prairie Est pour l'œil ébloui un exaltant repas.

L'ombrage et le soleil quadrillent la pelouse

Où le brûlant matin se repose, encagé;

Il semble qu'en volant une guêpe recouse

Le merveilleux éther par ses jeux dérangé.

Mon immobile rêve a l'ampleur d'un voyage ;

J'entends le bruit mouvant et lointain de l'été :

Murmure énigmatique où tout est volupté.

Le ciel, aride et pur, est comme un bleu dallage,

Mon cœur calme bénit les dieux aériens,

Et je croise les mains, n'ayant besoin de rien

Que de penser à toi dans un clair paysage...

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