‹ Les forces éternellesChapitre 53 sur 223 · VERS ECRITS EN ALSACE POUR UN JARDIN DE SAVOIE · texte numérisé non relu

VERS ECRITS EN ALSACE POUR UN JARDIN DE SAVOIE

Quand deux pays sacrés font retour a la France,

Quand mon cœur les choisit comme un plus fier séjour,

Je sens un susceptible et poétique amour

Me ramener vers vous, jardin de mon enfance,

Dispensateur de tous les biens que j'ai connus !

Je revois vos rondeurs, vos chemins bien venus,

La rose, comme un fruit d'automne, blanche et blette,

Le froid pétillement argentin des ablettes

Dans un lac, île d'eau que baignent des prés verts,

La pureté subtile, infantile de l'air

Où, même aux jours très chauds, l'on sent jouer, fondue,

La neige en vif velours, des sommets descendue,

Qui vit l'aconit bleu et le frais arnica...

Je ressens, en songeant, le bonheur délicat

De voir, de respirer, que l'on avait naguère.

Ce doux je ne sais quoi d'avant la grande guerre,

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