ÉLECTROMÉTALLURGIQUES DANS LES PYRÉNÉES
Carbure de calcium. — Ç'est par la fabrication du carbure de calcium que prit naissance, au début du siècle, l’industrie électrochimique des Pyrénées. C'est surtout à l’usine d’Auzat sur le Vicdessos une des plus importantes des Pyrénées, que se développa
la fabrication du carbure. Propriété de la Compagnie des produits chimiques et électrométallurgiques, Alais, Froges et Camargue,cette usine développe 20.000 C.V. Une partie de cette énergie est employée à la fabrication au four électrique du carbure de calcium. La fabrication est d'environ 5.000 tonnes par an.
Usines de Castelet et de Boussens. — Dans la région pyrénéenne, on fabrique encore du carbure de calcium à l’usine du Castelet, d'une puissance de 2.000 kwt. (1.100 kwt. de puissance moyenne) sur l'Ariège et à celle de Boussens, sur la Garonne.
Cyanamide calcique. — 11 existe aussi dans les Pyrénées,d'autres usines très importantes à carbure de calcium, mais dans lesquelles ce produit, au lieu d'être livré au commerce,est entièrement transformé, à l'usine même, en cyanamide calcique.
Les usines, dans lesquelles on fabrique successivement le carbure, puis la cyanamide, sont toutes récentes ; elles ont été créées pendant la guerre, dans le but d'obtenir l'acide azotique nécessaire à la fabrication des explosifs. Dans la région des Pyrénées, ces usines sont celles de Marignac, de Lannemezan et de Carmaux. |
L'usine de Marignac. —La Compagnie d'électricité industrielle exploite, aux environs de Luchon, (Haute-Garonne),les trois chutes de : la Pique Supérieure, (10 000 kwt. installés) ; la Pique Inférieure (8.000 kwt. installés) et du lac d’Oo (20.000 kwt.installés),
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Elle dispose également d’un excédent d'énergie fourni par l'usine hydro-électrique de la Picadère (2.500 kwt.installés) appartenant à la Compagnie luchonnaise d’Eclairage.
Enfin la Compagnie d’Electricité industrielle possède les droits d’eau, ou a demandéla concession de | trois nouvelles chutes, pour compléter l’équipement des bassins de la Pique et du lac d’Oo.
Les quatre stations centrales de la Pique Supé-
rieure, de la Pique Inférieure, du lac d’Oo et de la Picadère sont actuellement en service. La première utilise une chute de 800 mètres, alimentée par les eaux du lac d’Oo. Ge lac, situé à 1.500 mètres d’altitude, emmagasine, grâce à un barrage de retenue, 20.000.000 de mètres cubes d’eau. Un tunnel de 8 kilomètres, suivi d’une conduite de 3 kilomètres en béton armé, amène les eaux à travers le massif montagneux du Céciré, à la tête des conduites forcées, longues de 2 kilomètres. La retenue du lac est plus que suffisante pour régulariser complètement, et pendant toute l’année, l'énergie produite par les autres centrales.
Tout le courant produit est employé à Marignac (Haute-Garonne), où la Compagnie d’Electricité industrielle a créé de puissantes usines pour la fabrication de la cyanamide calcique (100 tonnes par jour), du carbure de calcium (100 tonnes par jour), des produits pyroligneux (100 tonnes de bois carbonisées par jour), des bois de sciages (100 mc. par jour), et des bois de brosses (30.000 par jour). La Compa-
leurs
gnie d’Electricité industrielle fabrique elle-même la chaux nécessaire à la fabrication au carbure (carrières de marbre et fours à chaux de Saint-Béat : (100 tonnes de chaux par jour), et l’azote nécessaire à la fabrication de la cyanamide. Elle a monté de vastes exploitations forestières dans la Haute-Garonne et les départements limitrophes,
Usine de Lannemezan. — L'usine de Lannemezan fut créée par l'Etat pendant la guerre ; elle n’a
jamais fonctionné, car l'achèvement de son installation est postérieure à la fin des hostilités. Elle devait emprunter son énergie aux quatre usines hydroélectriques suivantes : l’usine d’Eget, à la Compagnie des Chemins de fer du Midi, sur le ruisseau de l’Oule (7.500 kwt.) ; l'usine de Saint-Lary, à la Société de Pénarroya, sur la Neste d’Aure (15.000 kwt.) ; les usines d’Arreau et de Loudenvielle, créées par l'Etat sur la Neste du Louron (7.500 kwt. chacune).
L'usine devait posséder 20 à 30 fours à carbure de grande capacité et d’une puissance d’au moins 2.000 kwt. Quelques uns seulementde ces fours ont été équipés. Le carbure devait ensuite être transformé en cyanamide dans des fours Frank et Caro dont
300 à 350 ontété acquis. L’usine de Lannemezan actuellement tout à fait terminée, sauf quelques fours à carbure, vient d’être acquise par la Société des Produits azotés qui utilise, pour son exploitation, l’énergie fournie par deux usines situées à Bordères et Loudenvielle. En définitive, Lannemezan produira 40.000 tonnes de cyanamide par an.