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III. — La FRANCE À PEU DE COMBUSTIBLE

Or, la France possède peu de combustible. Le pétrole y est quasi introuvable. Le bois est une ressource trop précieuse pour alimenter deschaudières. Enfin, les combustibles minéraux sont trop peu abondants et mal répartis. Les deux tiers de la production de houille d’avant 1914 étaient fournis par les deux départements frontières du Nord et du Pas-de- Calais. L'Ouest, le Sud n’avaient pas de houillères, sauf quelques exploitations de lignites. Bref le déficit représentait la moitié de la production ; il fallait importer 20 millions de tonnes, pour une production; dé 40 millions. Cette situation engageait fatalement à demander à l’énergie issue des torrents, ce que ne pouvait fournir une houille achetée à grands frais au

dehors.

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Les conditions d'ensemble varient suivant les régions. Le Massif Central produit, sur ses bords, 8 millions de tonnes de houille ; en revanche il est moins élevé que les autres montagnes et ses eaux sont moins abondantes. La région pyrénéenne ne pouvait guère compter que sur le charbon acheté à l'étranger. Mais ces nuances mises à part, il n’en restait pasmoins, que la France n’a pas assez de charbon, tandis qu’elle possède des puissances disponibles formidables dans ses cours d’eau : 6 à 10 millions de kilowats en eaux moyennes, suivant les estimations. Et comme, d'autre part, des Français avaient donné l’exemple de l’utilisation pratique de ces puissances, l’industrie hydro-électrique avait fait, dès avant la guerre, de rapides progrès à travers le pays. En considérant les installations en service ou tout près de l’être au 2 août 1914, nous pouvons fixer à 478.000 kilowats la puissance normale dont disposaient alors les usines hydro-électriques françaises. Bien que les statistiques des divers pays soient difficilement comparables, nous pensons qu'à cette date, la France occupait le premier rang en Europe.

Non seulement la houille blanche était largement mise à contribution, mais elle était populaire. Les premières installations, effectuées à des emplacements favorables, n'avaient pas coûté cher et le prix du kilowat-heure hydraulique présentait ; à l’égard de l'électricité d'origine thermique, une très grosse économie. L'opinion publique voyait, dans cette force

un peu mystérieuse et qui lui paraissait fournie gratis par les torrents, une sorte de revanche à l'égard

de notre pénurie en charbon. Ainsi, le terrain était très préparé pour le rôle que l'effort de guerre allait demander à cette industrie toute neuve, toute jeune, servie par des protagonistes ardents et audacieux,

qui sentaient derrière eux la faveur du public. Il

était possible ici de faire grand.

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