L'ÉPAVE
PARA PARMI dors Etape 25e
I1 dût être un mâie puissant
Ce misérable aux deux béquilles
Pieds amputés, bras gauche absent Il subsiste,
et sous ses guenilles On devine un corps de lutteur Resté fort malgré la douleur.
MÉLANGE
Sa face est mal entretenue.
Faire sa toilette, à quoi bon ?
Qui donc épiera sa venue
Pour lui mettre un baiser au front ?
Quelle épouse fraiche et pimpante Attend cette épave ambulante ?
Vomi par l'hôpital, un jour L'homme se trouva dans la rue Mutilé, déchu sans retour,
Désemparé, l'âme tordue.
Lors, des blasphèmes obsédants
Grincèrent à flots sous ses dents.
L'engageant et pâle suicide, Trainant la peur derrière lui, Hanta les nuits de l’invalide.
L'homme résista maïs, depuis, Sa haine sournoise et confuse
S'étend sur le monde et l'accuse.
Sans autre appui que des bâtons, Sans jouissance qui l'appelle,
IH descendra, par échelons,
De l'indigence à la ruelle :
Là s'arc-boutant fiévreux, hagard,
Sous quelque sinistre hangar,
Il reverra de folles bandes,
La jeunesse avec ses plaisirs,
Le luxe des vins et des viandes, Et, dévoré par les désirs,
Leurré par ces dehors splendides,
L'homme s’écroulera, stupide.
MÉLANGE