‹ Les forces physiquesChapitre 1 sur 43 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

V^xi des plus nobles désirs de rhomme est celui de connaître les lois qui régissent l'univers, et ceux qui ont contribué à jeter quelque lumière sur ses mystérieuses harmonies ont toujours été entourés d'admiration; ils sont souvent apparus comme des êtres privilégiés, portant avec eux le flambeau divin, et à travers les siècles les générations contemplent leur œuvre indélébile et les placent au premier rang parmi les gloires de rhumanité. Jadis on les appelait philosophes, amis de la sagesse. Leurs spéculations embrassaient toutes les sciences. Pour eux le monde moral et le monde matériel étaient inséparables, et ils sondaient les mystères de rame aussi bien que ceux de la matière. L'accroissement rapide des connaissances humaines eut pour conséquence une subdivision dans la science, et un jour il fut impossible à l'esprit le plus vaste d'embrasser à la fois toutes les questions qu'avait fait naître successivement la contemplation de l'univers. Après les philosophes vinrent les savants, adonnés à des recherches spéciales, et aujourd'hui les princiçaksYitaïvçjRfts»^^^^^ ^^^*

i£ INTRODUCTION

naissances sont la philosophie proprement dite, traitant les questions de Tordre moral et recherchant les principes essentiels des choses; les sciences physiques et mathématiques, consacrées aux lois du monde matériel et au développement des principes rationnels qui peuvent nous guider dans l'étude de la nature ; les sciences naturelles, dont le rôle le plus important est de nous faire connaître les phénomènes qui se passent dans les êtres vivants.

Quelle que soit l'étude à laquelle se livre Fesprit humain, il y a certaines règles générales qu'il doit suivre, pour ne pas tomber dans de fâcheuses confusions. Lorsque ces règles ont été suivies, les recherches partielles peuvent être Tobjet d'une synthèse, et les problèmes les plus élevés peuvent trouver dans cette synthèse les données nécessaires à leur solution.

Je me propose dans ce petit ouvrage d'initier les personnes qui, sans avoir les connaissances scientifiques approfondies, ont reçu une certaine culture intellectuelle, à quelques-unes des synthèses les plus remarquables auxquelles a conduit le progrès de la physique dans ces dernières années. L'ouvrage est consacré à la physique seulement, et, avant d'entrer dans mon sujet, Je dois appeler l'attention du lecteur sur une règle essentielle qui doit être suivie dans l'étude de cette science.

En physique, on observe toutes les circonstances qui accompagnent un phénomène naturel; on mesure toutes les quantités accessibles à l'observation; on cherche une relation entre ces quantités , et cette relation s'appelle la loi du phénomène! Lorsque le phénomène est trop complexe, et qu'il semble impossible d'énoncer une loi unique, on modifie le phénomène à l'aide d'artifices; on fait alors une expérience. Certaines circonstances, qui

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paraissent accessoires, sont rendues négligeables par la disposition de Texpérience, et Ton s'attache à obsenrer celles qui prédominent. On obtient ainsi une loi approximative. Puis, le raisonnement aidant, on peut chercher ensuite Tinfluenc^ des petites circonstances d'abord négligées; on voit dans quel sens elles altèrent la loi, et souvent on découvre la loi limite vers laquelle tend la loi observée, quand les circonstances accessoires deviennent de plus en plus négligeables. Une telle loi sert alors de principe fondamental ; on la regarde comme l'expression provisoire d'une vérité physique ; je dis provisoire, parce qu'il peut arriver qu'une observation mieux faite, ou l'observation d'un nouveau phénomène jusqu'alors inaperçu, vienne modifier les conclusions admises jusqu'alors.

Dans cette recherche, on ne doit apporter aucune idée préconçue, et il faut multiplier le même genre d'observations un grand nombre de fois. En prenant la moyenne de tous les résultats obtenus, on se met à l'abri des erreurs de mesure, qui sont dues inévitablement à l'imperfection de nos organes et à celle des instruments qu'on imagine pour leur venir en aide.

La physique rassemble toutes les lois expérimentales connues; elle les compare entre elles, et fait sortir de cette comparaison des lois plus générales. Elle n'a pas pour objet de trouver lescausesinlimes des phénomènes, de scruter la matière, pour en découvrir la nature ; elle étudie l'attraction mutuelle des corps, la chaleur, la lumière, l'électricité, sans pénétrer le mystère de leur essence , laissant cette recherche à l'une des branches de la philosophie qu'on appelle métaphysique.

Les problèmes tels que ceux-ci : Qu'est-ce que la^ssa.tière? Est-elle finie ou infinie? \ a-l-\\ àaas \ ^'s»^^^^ ^^^

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