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I. Résumé des notions acquises sur les forces

Naus voici arrivés au terme d'un long voyage à travers des régions pleines de grandeur et de mystère. Ici nous avons pu contempler la nature dans une pleine lumière, là des ombres nous ont caché mille détails que la rapidité de notre course voilait à nos regards; ailleurs il y avait d'épaisses ténèbres, et \iotre curiosité était déçue ; puis la satisfaction faisait place à l'ennui à Taspect d'un bel horizon qui tout à coup s'ouvrait devant nous. Maintenant nous pouvons passer en revue ces tableaux divers, les faire reparaître dans notre souvenir, essayer d'en saisir les analogies et les différences, étudier leurs contrastes, et retirer de notre excursion d'utiles enseignements. Plus tard, cher lecteur, votre souvenir deviendra peut-être confus ;

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ces mille phénomènes que vous avez vus isolément se confondront sans doute dans votre pensée ; mais si un enseignement persiste, si une vérité reste imprimée dans votre esprit, votre excursion aura été féconde, vous n'aurez à regretter ni la fatigue, ni les instants de faiblesse où votre courage semblait se ralentir.

Si, au contraire, vous aimez assez la nature, pour essayer d'y lire vous-même les grandes lois qu'y a tracées la main du Créateur, peut-être le voyage que nous aurons fait ensemble fortifiera-t-il vos généreux désirs, et vous déterminera-t-il à entreprendre de nouvelles études, plus approfondies, sur les phénomènes de lunivers.

Nous avons reconnu que tous les corps qui gravitent dans l'espace s'attirent deux à deux suivant une même loi, quelles que soient leurs distances mutuelles et les corps interposés. C'est, en effet, une remarquable particularité de la gravitation universelle, que deux corps situés, par exemple, aux deux extrémités d'un diamètre du globe terrestre s'attirent comme si le globe n'existait pas. En outre, l'attraction mutuelle de deux corps esl toujours la même quand ils sont à la même distance. Elle est aussi la même, pour la même distance, entre les corps qui ont les mêmes masses, quelle que soit leur nature. Nous dirons que la force de gravitation, ou force gravifique^ agit sur la masse des corps, et que son intensité est constante.

Les corps apparaissent comme des assemblages

4e molécules qui ne se touchent pas. Elles sont maintenues dans des positions déterminées sous l'influence de forces, parmi lesquelles se trouve une force attractive. Cette force unit les molécules d'un même corps, et elle a reçu le nom particulier de force d^attraetion moléculaire^ mais rien ne prouve qu'elle ne soit pas un second degré de la force de gravitation.

Les molécules sont des assemblages de parties plus simples que nous avons appelées atomes, et qui sont aussi maintenues dans des positions déterminées, sous l'empire de forces, parmi lesquelles nous retrouvons une force d'attraction que les chimistes appellent affinité. Rien ne prouve qu'elle ne soit pas un troisième degré de la force de gravitation.

Lorsque les parties d'un assemblage corporel éprouvent des changements de position qui ne dépendent que de ces forces, les unes se rapprochent^ les autres s'éloignent, de sorte que leur attraction agit, soit comme jmissance motrice, soit comme résistance. Il y a égalité entre la somme des travaux moteurs et celle des travaux résistants.

Mais rarement le phénomène ne dépend que de la force de gravitation et de celles qui s'y rattachent. Ordinairement la force calorique est mise en jeu^ et les quantités de chaleur qui apparaissent ou disparaissent sont proportionnelles à certaines quantités de travail moteur ou résistant , nous avons vu que le travail et la chaleur sont deux formes èq^jiv-

valentes de l'énergie, et que Ténergie se conserve dans un système de corps, en y subissant des transformations.

La force calorique est antagoniste de la force d'attraction moléculaire ; elle s'oppose à ce que les molécules et les atomes se rapprochent jusqu'au contact, elle les maintient à des distances déterminées. Un de ses caractères essentiels est la variabilité de son intensité dans le même corps. Ce sont ses variations qui déterminent le changement des distances inter-moléculaires. La force calorique établit une action mutuelle, appelée rayonnement^ entre deux corps différents, par laquelle son intensité tend à s'équilibrer entre eux, diminuant dans Tun et augmentant dans l'autre. Cette action est modifiée essentiellement par l'interposition d'un corps. Les variations d'intensité de la force calorique sont accompagnées d'apparition et de disparition de chaleur, avec ou sans travail mécanique ; mais l'énergie se conserve toujours.

Enfin la force calorique agit sur les atomes et les molécules indépendamment de leur masse et de leur nature. Cela résulte de la loi de Dulong sur la chaleur spécifique des corps simples.

La force électrique présente beaucoup d'analogie avec la précédente au point de vue du mouvement. Son intensité est variable par tous les degrés dans le même corps. Les variations de son intensité provoquent une sorte de mouvement qu'on appelle le courant. Elle produit tantôt l'attraction, tantôt la

répulsion, ce qui est un caractère distinctif . Elle agit sur les molécules, indépendamment de leur masse, en les polarisant et les disposant à se grouper d'une manière déterminée suivant leur nature. En général la force électrique préside à l'orientation des atomes.

La force de gravitation et la force électrique se manifestent par deux sortes d'effets, ceux de Téquilibi^ et ceux du mouvement des masses visibles. Un corps soumis à l'une de ces forces et maintenu en repos par un obstacle conserve en lui une certaine énergie. Lorsqu'il cède ensuite à l'action de la force, il dépense de Ténergie et Ton retrouve toujours cette énergie dans le corps ou dans les corps voisins, soit sous la même forme, soit sous une forme différente ; au contraire lorsque la force agit comme résistance, le corps gagne de l'énergie en se déplaçant. Il y a entre les effets de ces deux forces des différences très-grandes qui proviennent de ce que leur intensité est constante pour l'une et variable pour l'autre.

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