PROVINCE D'ONTARIO
Exportations 1881 1882 1883 Produits bruts des forêts...............,....... $6,576,332 | $8,015,485 7,829,691 Produits manufacturés des forêts..........… 266,711 317,336 254,799
Il est difficile de parler avec exactitude des limites à bois d'Ontario, parce qu'aucun inventaire du montant total de ce “stock” n'a été fait depuis plusieurs années.
M. Phipps dans son rapport au gouvernement d’Ontario sur la nécessité de conserver et de replanter les forêts dit que le territoire du Nord-Ouest d’Ontario, dans cette partie de district, à délimitation contestée, contient une grande quantité de bois de très grande valeur, représentant une des principales réserves à bois de tout le Nord- Ouest, d’après les informations qu’on a pu obtenir. Ce bois est dans une position telle qu'on trouvera toujours à le vendre immédiatement, et n'ayant pas été compaativement touché par les marchands de bois ou les colons offre une des plus excellentes occasions, non-seulement pour procurer du bois mais aussi pour maintenir l’approvisionnement. Dans le Muskoka, le Parry-Sound, l’Algoma et le district de la Baie-Georgienpe il y a des forêts d’une certaine étendue et au Nord-Est de la Province il y en a de très-grandes. La grande ligne de séparation qui traverse la partie Est d’Ontario, s'étend du Nord-Ouest au Nord-Est près de Nipissing, jusqu’à ce qu'’elle arrive au St. Laurent, près de Kingston. Cette hauteur de terre sépare les eaux qui se jettent dans les lacs de celles qui se jettent dans la Rivière Ottawa. Elle abonde en beaux lacs, en rivières et en pouvoirs d’eau qui réjouiraient les yeux d’un manufacturier, La grande pente qui conduit à ce partage des eaux de la rivière Ottawa et aui borde le Nord-Est de la partie colonisée d’Ontario est, autant qu’elle a été épargnée par le feu, couverte de bois. Les marchands de bois ont, ici et là, pris du bois, d’autres parties n’ont pas été touchées par la hache. Mais lé colon empiète graduellement, et tout le long de la frontière du Nord une lisière est annuellement détruite et percée de chemins. Des fermes isolées sont défrichées, la forêt devient chaque année de plus en plus sèche et la lisière extérieure présente au feu un aspect des plus invitants dans la saison de l'été. Cette principale réserve de forêts qui nourrit les sources de presque tous les cours d’eau à l'Est de Toronto disparaîtra probablement beaucoup plus rapidement que n’ont fait les bois les plus épais dans les plus anciennes régions colonisées. La principale
raison pour laquelle cette masse de forêts n’a pas été avant ce jour pénétrée par le-
colon est que la terre n’est pas si bonne que celle des plus anciennes régions colonisées de la Province. C’est un composé de granit qui, faute de chaux, elle n'égalera jamais celle qui est composée de pierres calcaires. Faisant allusion à cette réserve, aux régions du Muskoka et du Parray Sound qui sont semblables Sous plusieurs rapports, M. Phipps dit qu’il est d'une grande importance de conserver les forêts de pin dans ces alentours, et cela pour les raisons srivantes :
1. Ce sont les vraies réserves de pin des plus vieux districts d’Ontario.
2. La terre sur laquelle elles se trouvent ne produirait pas, si elle était cultivée ce qu’elle peut rapporter si elle est entretenue en forêts de pin.
3 En adoptant les méthodes européennes, ces grands districts peuvent être placés dans un état de reproduction continuelle qui permettra de couper chaque année une grande quantité de pin de valeur sans défricher la terre ou faire tort en quelque manière aux ressources productives des forêts.
4. Il serait beaucoup mieux de commencer à conserver des étendues de forêts le long de la ligne où on défriche actuellement que de commencer des opérations semblables beaucoup plus loin en arrière. Si, comme on le dit, la terre est bien meilleure en allant vers le Nord, il serait beaucoup mieux de renouveler le défriche-
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ment là, afin de laisser une large bande de forêt au sud des nouvezux établissements, car une contrée en forêt au sud (sans faire tort à la hauteur des terres) attirera des orages sur les terres défrichées situées au nord, tandis qu'il vient peu de pluie pendant la saison où en a le plus besoin d'une forêt située au nord.
Il procède ensuite comme suit: “Cette région possède plusieurs cours d’eau de valeur qui s’assécheraient si le terrain était défriché, mais que la conservation des forêts gardera en pleine valeur. Je dirai aussi que la qualité de l’eau qui coule sur le lit de granit, ne contenant pas de chaux est remarquablement bien adaptée à diverses manufactures tectiles et que des villes et des villages manufacturiers réaliseraient des profits au cœur des forêts que le gouvernement conservera dans cette partie du pays. Ces villes et ces villages ne mangneraient nullement de communication avec les autres parties du pays, car le Canada Pacific et les chemins de fer en communication avec ce dernier traverseront le désert près des alentours où ces forêts devraient être conservées. Je suggérerais ici que de larges parties de forêts fussent conservées, disons, après que le bois marchand aura été enlevé par le marchand de bois et que ces terres fussent concédées à des personnes qui les garderaient couvertes de bois.”
La grande péninsule à l’ouest est dépourvue sur les terres élevées de presque toutes les forêts primitives qui donnaient l’eau à ses rivières, sauf les petites réserves que le: cultivateurs ont gardées pour eux-mêmes. Ces réserves sont rapidement consommées ; elles disparaissent et ne sont pas remplacées. La liste à la fin de cette section montrera exactement le nombre d’acres laissés en bois dans chaque comté qui n'étaient qu’une forêt il y a un siècle, et jugeant par là, la grande péninsule d’Ontario deviendra dans quelques années une terre dépourvue de forêts si on continue le présent système.
M. Phipps dit: “Si nous passons à travers la forêt qu'Ontario retient encore sous le contrôle du Gouvernement, nous trouverons, ici et-là plusieurs grands espaces détruits par le feu ou des broussailles qui s'étouffent et couvrent un sol brûlé et appauvri. Nous trouverons de grands espaces découverts où les marchands de bois ont choisï le pin, l’épinette, le frêne et le chêne. On voie partout les restes de leurs opérations, le tronc coupé court, et, à une bonne distance de là, la grande pile de branches sèches où la tête de l'arbre a été abattue, tandis qu'entre ces deux points on ne voit que quelques branches, éparpillées çà et là, si du bois rond en a été retiré; et éclats mmenses de pin sion en a retiré du bois carré, des morceaux épais et courts dont la coupe droite et profonde montre la force du bras du piqueur, de longues bandes de ces copeaux singuliers, légèrement joints, minces, larges et unis sur un côté attestent de l’habileté avec laquelle celui qui tient la grande hache a employé son pesant outil; et si vous avancez près du tronc et que ce bois ait été équarri pour le marché anglais, vous trouverez coupé, jeté et pourrissant une quantité de bois qui, vendu au prix de Toronto, atteindrait presque la somme que le marchand de bois en a retirée pour la pièce entière. Ily a partout des piles de débris qui forment comme un amadou des plus inflammables pour uue forêt. Et puis avant que les bœufs puissent tirer le billot à la rivière uneavenue d'arbres moins gros ont quelquefois été enlevés du chemin et empilés, pourrissant, encombrent la forêt ; leurs branches s’avançent parmi les vertes brouissailles comme les restes horribles de la mort sur un champ de bataille oublié.
Vous trouverez plusieurs endroits où des arbres manquant d'air et de lumière s'étouffent l’un l’autre jusqu’à ce que, avec le laps de temps, un plus fort et plus vivace s'élèvera au-dessus des autres. Vous trouverez des endroits où les ouragans se sont faits des chemins à travers la forêt, et, sur des milles, des arbres couchés par terre comme les rangs fauchés par la mitrailleuse. En parcourant la route forestière on voit des arbres abattus de chaque côté du chemin sur toute sa longueur et forment des amas de branches sèches qui semblent le meilleur aliment pour le feu. Vous trouverez partout des millions de jeunes arbres promettant de devenir aussi vigoureux qu'aucun de ceux qui ont été emportés par le marchand de bois s’ils sont épargnés par la hache et le feu, mais néanmoins l'impression produite sur vous par le pélérinage entier, sera que, si des mesures préventives ne sont pas employées, le feu qui a déjà tant pris, prendra le reste tôt ou tard. Quand on compare l’état de nos forêts avec celui de
celles de quelques parties de l’Europe et qu’on pense aux longues suites d’incendies, aux garde-forestiers au guet, à l'administration soignée, à l’éclaircissement et la replantation incessante, à la longue succession de bons arbres prêts à être coupés tous les ans et à la certitude, d’une succession semblable pour les temps à venir, on est porté à croire qu’il est grand temps qu’un tel système soit introduit ici (Rapport de Phipps.)