‹ Les formations Tertiaires et Quaternaires des environs de MâconChapitre 13 sur 22 · ZONE · texte numérisé non relu

ZONE

supérienre

(ftSedareue).

Ossements de cheval

Ces chiffresjustifientpleinement la locution âge dû renne, appliquée à une certaine époque paléontologique et archéologique. Peut-être autoriseraient-ils à créer un âge du cheval.

Il est à remarquer que Thippopotame et le sanglier manquent jusqu'à présent dans notre faune mâconnaise quaternaire. L'hippopotame n*a pas encore été signalé, à ma connaissance, dans les vallées du Rhône et de la Saône.

La faune et la stratigraphie sont donc d'accord pour nous permettre d'établir, dès maintenant , des subdivisions dans nos terrains quaternaires.

L'archéologie nous fournit aussi de bons jalons. Le plus ancien type industriel connu, dans nos régions comme ailleurs , est le type hachettiforme commun au Moustier et àSaint-Acheul, qui s'est trouvé dans les grottes de Vergisson et de Germolles (Mellecey) et dans les couches inférieures de Solutré (avec un faciès plus grossier) associé à la plus «ancienne faune quaternaire, à la faune des hauts niveaux. Ce type se rencontre aussi dans les ateliers des bois de La Salle et de Charbonnières, sur les bords du Bietors^ à la surface des alluvions quaternaires, à la cote d'environ 190 mètres, soit à 20 mètres au-dessus de la Saône. Comme il n'est })as probable que le^ gens qui taillaient le silex dans ces localités aient travaillé sous l'eau , il faut admettre qu'ils ne s'y sont établis qu'après que le niveau des eaux quaternaires se fut abaissé au-dessous de ^ la terrasse à 190 mètres. Il est vrai que le véritable gisement des hachettes se trouve dans un banc de silex stratifié recouvert de limon argileux, et j'en avais conclu (Maçonnais préhistorique^ p. 117) que la station et les ateliers quaternaires des bois de La Salle et de Charbonnières étaient antérieurs à Tinvasion des hautes eaux. Mais il suffit que des

^ Malheureusement il n*y a aucune trace d*ossements dan» cette localité.

inondations soient venues exceptionnellement et par intervalles recouvrir la localité pour opérer cette stratification et cet enfouissement des couches en question. Le Bietors aurait pu au besoin suffire à accomplir cette œuvre. L'opinion de M. de Ferry était que les hachettes n'avaient été introduites qu'après coup dans le banc stratifié (Maçonnais préhistongt^6,p. 7),etqu'elles étaient, par conséquent , postérieures à l'époque de la formation de ce banc. Il n'est donc pas ttécessaire de vieillir Tâge de ces hachettes comme j'avais cru devoir le faire d'abord. Tout me porte à croire qu'elles sont contemporaines de la terrasse à 20 mètres (3* terrasse) et peut-être même un peu plus récentes.

Le niveau de la grotte de GermoUes, situé à environ 210 mètres d'altitude, soit 38 mètres au-dessus de la Saône, correspondrait à la 5* terrasse. La grotte était donc submergée quand cette terrasse se formait. L'homme n'a pu, par conséquent, y établir sa résidence que plus tard : à en juger par le style des instruments de silex , elle doit être assimilée au gisement de Charbonnières. Elle daterait donc au plus du temps de la 3® terrasse.

L'éboulis de Solutré nous amène à des conclusions analogues. Nous avons vu qu'il ne commença à se former qu'à une époque où le creusement des vallées était presque terminé. Donc les gisements à hachettes, à Solutré comme à GermoUes, comme à Charbonnières, correspondent, en Maçonnais , à une phase relativement récente de l'époque quaternaire.

La stratigraphie de l'éboulis de Solutré nous a également appris que les types industriels de l'âge du renne proprement dit étaient plus récents que ceux de GermoUes ou de Cha^rbonnières. Ils appartiennent, par conséquent, à une époque où les eaux étaient à peu près rentrées dans leurs limites actuelles.

Nous pouvons considérer les types hachettiformes d'une . part, les types solutréens de l'âge du renne d'autre part, comme de véritables fossiles qui dateraient les terrains d'alluvion non remaniés où on viendrait à les trouver enfouis. C'est au niveau de la 2^ et de la 3^ terrasse qu'il me paraît rationnel de les chercher.

Jusqu'à présent, les sables ou les argiles des alluvions quaternaires des environs de Mâcon n'en ont fourni aucun vestige à ma connaissance.

Mais M. Legrand de Mercey a trouvé à La Truchère, dans les marnes bleues de la Saône, un crâne humain, dont j'ai eu déjà l'occasion de parler plus haut. L'homme de La Truchère est bien probablement plus récent que l'homme de Solutré, puisque les marnes bleues forment le dernier terme de la série quaternaire et qu'il faut vraisemblablement intercaler entre l'époque industrielle de Solutré et la fin des temps quaternaires, l'époque si bien définie des bâtons de commandement, qui manque jusqu'à présent en Maçonnais.

En résumé , l'homme de GermoUes et de Charbonnières , pas plus que celui de Solutré et de La Truchère, n'a certainement pas vu le glacier du Rhône descendre dans la plaine lyonnaise, ni le lac bressan quaternaire battre les coteaux du Maçonnais à 270 mètres d'altitude, puisqu'il a vécu 'postérieurement à la terrasse à 210 mètres qui est fluviatile et paraît bien récente, par rapport aux niveaux glaciaires.

Nous avons établi précédemment qu'il y a, par-dessus les marnes bleues quaternaires de la Saône , environ 5 mètres d'alluvion moderne aux environs de Mâcon. Les traces de l'époque gallo-romaine sont enfouies dans cette alluvion à une profondeur moyenne d'un mètre. Celles de l'époque dite néolithique , à deux mètres. Les différentes périodes de la civilisation de l'âge du bronze et de l'âge du fer antéromain sont représentées par des niveaux intermédiaires

entre 1 et 2 mètres. Il reste entre les marnes bleues et les couches néolithiques 3 mètres d'alluvion représentant une période pendant laquelle Thomme ne paraît pas avoir fréquenté les bords de la rivière. Je n'ai jamais observé ses traces au-dessous de 2 ™ 50. Il est probable que les bords de la rivière étaient peu habitables antérieurement à ce niveau où commencent seulement à se développer avec abondance les hélices terrestres. Mais il est possible aussi qu'il y ait eu réellement entre l'époque néolithique et l'époque paléolithique une lacune pendant laquelle nos pays étaient inhabités, ainsi que le prétendent quelques archéologues.

Si, considérant la formation des alluvions modernes comme régulière en croissance , et prenant l'dge et la profondeur des dépôts gallo-romains pour unité de mesure, on cherche à établir à laide de ces données une échelle chronométrique, on est amené à assigner aux marnes bleues une antiquité de 6 à 7,000 ans au moins.

Voici, du reste, les résultats que m'a fournis l'étude détaillée des berges de bi Saône au point de vue archéologique*.

Page 1