‹ Les formations Tertiaires et Quaternaires des environs de MâconChapitre 16 sur 22 · II. — ÉPOQUE QUATERNAIRE · texte numérisé non relu

II. — ÉPOQUE QUATERNAIRE

11*^ Invasion de la Bresse par le glacier du Rhône. Formation d'un barrage entre les montagnes duBugey et celles du Lyonnais ;

12* Les eaux de la vallée de la Saône sont retenues à un haut niveau par le barrage du glacier du Rhône. Unegrande nappe d'eau boueuse couvre la Bresse pendant un temps indéterminé, peut-être assez court. Je lui donne, pour abréger, le nom de lac bressan ;

13® L'alluvion, les sables et les graviers stratifiés de la Saône et du lac bressan ne s'élèventpas à plus de 270 mètres environ au-dessus du niveau de la mer actuelle ;

14** Les petites vallées de l'Arlois, de la Mouge et de la Grosne, affluents de la Saône, sont envahies par des glaciers ;

15® Les terrains de transport boueux, présumés glaciaires qui encombrent ces vallées, ne descendent pas au-dessous de la cote 270 mètres ;

16® C'est-à-dire que les hauts niveaux du lac bressan correspondent avec l'époque glaciaire , puisque les produits glaciaires des montagnes du Maçonnais venaient se stratîfier et former des cônes de déjection ou des deltas à la rencontre de ses eaux, à environ 270 mètres d'altitude ;

17® Les cônes de déjections torrentielles formés à Tissue des petites vallées calcaires dans des vallées plus larges se confondent aussi à }a cote d'environ 270 mètres avec les alluvions stratifiées. Aussi je les considère comme synchroniques des déjections glaciaires. Ces petits cônes ou deltas sont formés presque exclusivement d'argile à chailles remaniée. L'argile à chailles se serait donc formée à la même époque sur les plateaux calcaires et elle aurait subi des lavages et des charriages qui ne peuvent s'expliquer que par un régime pluviaire très-intense.

18® Les éboulis formés au pied des abruptes jurassiques descendent jusqu'au fond des vallées actuelles. Ils renferment dans toute leur épaisseur des espèces quaternaires. L'ablation des éléments calcaires ne s'y est pas produite comme dans

l'argile à chailles. Ils datent donc de Tépoque quaternaire. Mais ils sont postérieurs au creusement des vallées , à la formation de l'argile à chailles et à l'époque glaciaire ;

19® Les effets d'ablation, de lavage , de creusement et de remplissage de l'époque quaternaire ne peuvent s'expliquer que par une période pluviaire caractérisée par des pluies diluviennes et d'une énergie considérable. Cette période pluviaire serait antérieure à la formation des éboulis actuels et aurait suivi de près ou accompagné l'époque glaciaire;

20** L'érosion des vallées varie suivant les points où on l'observe. Le creusement de la vallée de la Saône a réglé le creusement des vallées de ses affluents, qui est d'autant plus considérable qu'on se rapproche davantage de la Saône. La difiérence entre leurs confluents actuels et leurs anciennes embouchures dans le lac bressan , quand il atteignait son niveau à 270 mètres, marquées par des deltas ou des cônes de déjection, est de 100 mètres. C'est le maximum de l'érosion ;

21® Les plus anciennes traces de l'homme en Maçonnais (types de Saint-Acheul et du Moustier) se trouvent, à Charbonnières, à la surface d'une terrasse à 190 mètres, soit 20 mètres seulement au-dessus de la Saône. Elles sont donc postérieures à la formation de cette terrasse et correspondent, par conséquent , à une époque très-récente du creusement des vallées;

22® L'époque de Solutré est plus récente encore ;

23* L'époque quaternaire prend fin avec les marnes bleues du fond de la vallée de la Saône. Le creusement des vallées est terminé. Une période de remplissage inaugure dans la vallée de la Saône les temps géologiques modernes.

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