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remarquable par son évolution torpide, insidieuse et lente. Pidoux avait bien insisté sur ce silence spécial du poumon, quand d'autres organes sont atteints. L'état général n'est point en rapport avec les lésions souvent profondes et étendues. Les hémoptysies sont rares et peu abondantes. L'expectoration, au contraire, est énorme, surtout à la deuxième période. La durée peut être très longue, les rémissions sont fréquentes; la guérison et les trêves définitives semblent rares.
Mais les scrofuleux n'échappent pas toujours à la phtisie aiguë. On pourrait même dire que la plupart des phtisies aiguës surviennent chez des sujets présentant quelque ancien foyer scrofuleux. Parmi les formes de la phtisie aiguë, il en est une, la pneumonie caséeuse, qui s'observe plus particulièrement chez les strumeux. Mais ces pneumonies caséeuses des strumeux gardent, au moins dans leurs premières poussées, quelque chose de la bénignité ordinaire des phtisies scrofuleuses.
Marfan ' a non seulement admis la bénignité de la phtisie scrofuleuse, mais il va jusqu'à
1. Marfan. — « Traité de médecine ... Charcot-Bouchard. Vol. IV, 1892, p. 602 et 606.
croire que la scrofule n'est nullement une cause prédisposante à la phtisie. Au contraire, des écrouelles infantiles bien guéries, complètement cicatrisées, conféreraient une sorte d'immunité. Il n'est pas impossible d'admettre qu'un organisme qui a triomphé d'une première infection tuberculeuse puisse présenter à l'égard d'une infection nouvelle une résistance spéciale. Mais il ne faut pas s'exagérer cette résistance.
Phtisies des alcooliques. — La phtisie alcoolique est-elle fréquente ou est-elle rare? est-elle plus lente ou plus rapide, plus bénigne ou plus maligne que les phtisies ordinaires?
Les opinions les plus contradictoires ont été émises à cet égard. Ce qui peut donner quelque poids à l'opinion des partisans de la bénignité, c'est que l'alcoolisme avéré est surtout une affection de l'âge adulte, qui s'observe chez des sujets robustes. Ne devient pas alcoolique qui veut '.C'est aussi, ainsi que l'avait fait observer Pidoux 1 , que l'alcoolisme existe fréquemment chez des sujets aisés, bien nourris, ayant eu l'habitude de la bonne chère, de la vie large, en même temps que celle de l'alcool. Mais l'alcoo-