DE LA
RÉTINITE NÉPHRITIOUE
Nous définirons rétinite néphritique fruste une rétinite de même déterminisme pathologique que la rétinite néphritique ordinaire mais dont la séméiologie ophtalmoseopique est réduite à un ou quelquesuns des symptômes de celle-ci, ce ou ces symptômes pouvant eux-mêmes être irès peu marqués.
Cette distinction d’une rétinite néphritique fruste peut paraltre d’une discutableutilité, nous apportons cependant quelques faits qui montrent quels précieux renseignements peut fournir, si on le sait bien interpréter, le moindre élément pathologique rétinien dans une affection où nous sommes habitués à rencontrer une sémiologie ophtalmoscopique extrêmemement riche et facile à constater. Cette rétinite ne le cède en rien comme fréquence et importance à la rétinite néphritique classique, elle est comme celle-ci l'expression de la réaction morbide rétinienne si commune dans l'insuffisance rénale. Pour cette raison on ne saurait séparer complètement l'étude de ces deux affections.
On sait que déjà au xvinre siècle, Malpighi chez la femme enceinte, Bright lui-même en 1836, H. Landouzy en 1849 avaient signalé la fréquence des trou-
bles visuels chez les albuminuriques ; Türck (1850), Virchow (1855), Lécorché (1858) reconnurent à l’autopsie les lésions rétiniennes ; quelques années plus tard les spécialistes, grâce à l’'ophtalmoscope, retrouvent et étudient les lésions sur l'individu vivant ; ce sont surtout Grœfe-Sœmisch (1879), Perrin et Poncet (1879, Charles Théodore (1887), Weecks (1890), Evetzky (1898), Greef (1903), Leber (1906), Lauber (1909), Rochon-Duvigneaud (1912), Moore (1916), Knapp (1918), Poyales (1920).
Mais tous ces auteurs ont surtout contribué à nous faire connaître la rélinite néphritique classique dont les caractères ophtalmoscopiques sont les suivants :
1° Une papille élargie, trouble, rouge, un peu saillante en un mot œdémateuse :
2° Des opacités et des plaques blanches péripapillaires avec aspect stellaire fréquent de la macula ;
3° Des hémorragies discrètes, disséminées péripapillaires.
Mais l’aspect ophtalmoscopique rétinien peut chez les néphritiques être infiniment plus fruste ; les observations qui suivent le montrent très nettement.
Ces observations sont celles de malades qui furent traités à l’hôpital Beaujon. C’est au cours, pour la plupart, du séjour hospitalier de ces malades qu'a été porté le diagnostic de néphrite; celui-ci établi dans les services de médecine présente donc la rigueur désirable.
La partie ophtalmologique des observations est extraite du registre de la consultation d’ophltalmo-
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tics ont été vérifiés par M. le professeur agrégé Terrien, notre maître,
La partie médicale de nos fiches cliniques est ici volontairement brève nous ne tâchons point de démontrer la réalité de l’existence de la rélinite néphritique.