Ibid., p
On trouve la même idée chez les Shoshone sous le nom de pokunt, chez les Algonkins sous le nom de manitou^, de nauala chez les KwakiutP, de yek chez les Tlinkit ^ et de sgâna chez les Haida *. Mais elle n'est pas particulière aux Indiems de l'Amérique ; c'est en Mélanésie qu'elle a été étudiée pour la première fois. Il est vrai que, dans certaines îles mélanésiennes, l'organisation sociale n'est plus actuellement à base totémique ; mais dans toutes, le totémisme est encore visible ^ quoi qu'en ait dit Codrington. Or, on trouve chez ces peuples, sous le nom de mana, une notion qui est l'équivalent exact du vi^akan des Sioux et de l'orenda iroquois. Voici la définition qu'en donne Codrington : « Les Mélanésiens croientà l'existence d'une]forceabsolument distincte de toute force matérielle, qui agit de toutes sortes de taçons, soit pour le bien soit pour le mal, et que l'homme a le plus grand avantage à mettre sous sa main et à dominer. C'est le mana. Je crois comprendre le sens que ce mot a pour les indigènes... C'est une force, une influence d'ordre immatériel et, en un certain sens, surnaturel; mais c'est par la force physique qu'elle se révèle ou bien par toute espèce de pouvoir et de supériorité que l'homme possède. Le mana n'est point fixé sur un objet déterminé ; il peut être amené sur toute espèce de choses... Toute la religion du Mélanésien consiste à se procurer du mana soit pour