‹ Les formes élémentaire de la vie religieuse, le système totémique en AustralieChapitre 228 sur 318 · Howitt, Nat. Tr., p · texte numérisé non relu

Howitt, Nat. Tr., p

gieuxi. 11 y a même des cérémonies pendant lesquelles on est obligé de parler un langage spécial dont il est défendu de se servir dans les relations profanes . C'est un commencement de langue sacrée '^ .

Non seulement les êtres sacrés sont séparés des profanes, mais rien de ce qui concerne, directement ou indirectement , la vie profane ne doit se mêler à la vie religieuse. Une nudité complète est souvent exigée de l'indigène comme une condition préalable pour qu'il puisse être admis à participer au rite ^; il est tenu de se dépouiller de tous ses ornements habituels, même de ceux auxquels il tient le plus et dont il se sépare le moins volontiers à cause des vertus protectrices qu'il leur attribue*. Si, pour jouer son rôle rituel, il est obligé de se décorer, cette décoration doit être faite spécialement pour la circonstance; c'est un costume cérémoniel, un vêtement de fête^ Parce que ces ornements sont sacrés en raison de l'usage qui en a été fait, il est interdit de s'en servir dans les relations profanes : une fois que la cérémonie est close, on les enterre ou on les brûle ® ; les hommes doivent même se laver de manière à n'emporter sur eux aucune trace des décorations dont ils étaient revêtus ^

Plus généralement, les actes caractéristiques delà vie ordinaire sont interdits tandis que se déroulent ceux de la vie religieuse. L'acte de manger est, par lui-même profane ; car il a lieu tous les jours, il satisfait des besoins essentiellement utilitaires et matériels, il fait partie de notre existence vulgaire ^ C'est pourquoi il est prohibé en temps reli-

1. Howitt, Nat. Tr., p. 657 ; Spencer et Gillen, Nat. Tr., p. 139 ; North. Tr., p. 580etsuiv.

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