Die Griechischen Kiille iind Mythen, I, p
4. Parmi les écrivains qui ont adopté cette conception, il faut compter Renan. V. ses Nouvelles études d'histoire religieuse, ISSi, p. 31.
5. En dehors de la Comparative Mythology, les travaux de Max Miiller où sont exposées ses théories générales sur la religion sont les suivants : Hibbert lectures (\.%1%) traduit en français sous ce titre Origine et développement de La Religion. — N atitr al Religion .^ Londres, ISSg. — Physical Religion, Londres, 1898. — Anthropological Religion, 1892.— Theosophy or Psychologie al Religion, 1893. — Nouvelles études de mythologie, Paris, F. Alcan, 1898. — Par suite des liens qui unissent les théories mythologiques de Max Miiller à sa philosophie linguistique, les ouvrages précédents doivent être rapprochés de ceux de ses livres qui sont consacrés au langage ou à la logique, notamment Lectures on the Science of Language, traduit en français sous le titre de Nouvelles leçons sur la science du langage, et The Science of Thoughf.
PRINCIPALES CONlDEPTIONS DE LA RELIGION ELEMENTAIRE 103
Nous avons va que le postulat sous entendu de l'animisme est que la religion, à son origine tout au moins,, n'exprime aucune réalité expérimentale. C'est du principe! contraire que part Max Millier. Pour lui, c'est un axiome que la religion repose sur une expérience dont elle tire toute son autorité, ce La religion, dit-il, pour tenir ïa pïace qui lui revient comme élément légitime de notre canscienee, doit, comme toutes nos autres connaissances, commencer par une expérience sensible » ^ Reprenant à son compte le vieil adage empirique M/u7 est in intellectu quod non ante fuerit in sensu, il l'applique à la religion et déclare qu'il ne peut rien y avoir dans la foi qui n^^ait été auparavant dans le sens. Voici donc, cette fois, une doctrine qui paraît devoir échapper à la grave objection que nous adressions à l'animisme. Il semble, en effet, que, de ce point de vue, la religion doive nécessairement apparaître, non comme une sorte de vague et confuse rêverie, mais comme un système d'idées et de pratiques bien fondées \ dans la réalité. '
Mais quelles sont les sensations génératrices de la pensée religieuse ? Telle est la question que I^étude des Vedas devait aider à résoudre.
Les noms qu'y portent les dieux sont généralement ou des noms communs, encore employés comme tels, ou d'anciens noms communs dont il est possible de retrouver le sens originel. Or, les uns et les autres désignent les principaux phénomènes de la nature. Ainsi Agni, nom d'une des principales divinités de Tlnde, ne signifiait d'abord que le fait matériel du feu, tel que les sens le perçoivent, et sans aucune addition mythologique. Même dans les Vedas, il est encore employé avec cette acception ; en tout cas, ce
\. Natural Rel, p. 114.
qui montre bien que cette signification était primitive, c'est qu'elle s'est conservée dans d'autres langues indoeuropéennes : le latin ignis, le lituanien ugnis, l'ancien slave ogny sont évidemment proches parents d'Agni. De même, la parenté du sanscrit Dyaus, du Zeus grec, du Jovis latin, du Zio du haut allemand est aujourd'hui incontestée. Elle prouve que ces mots différents désignent une seule et même divinité que les différents peuples indoeuropéens reconnaissaient déjà comme telle avant leur séparation. Or Dyaus signifie le ciel brillant. Ces faits et d'autres semblables tendent à démontrer que, chez ces peuples, les corps et les forces de la nature furent les premiers objets auxquels se prit le sentiment religieux : ils furent les premières choses divinisées. Faisant un pas de plus dans la voie de la généralisation, Max MûUer s'est cru fondé à conclure que l'évolution religieuse de l'humanité en général avait eu le mêm€ point de départ.
C'est presque exclusivement par des considérations d'ordre psychologique qu'il justifie cette inférence. Les spectacles variés que la nature offre à l'homme lui paraissent remplir toutes les conditions nécessaires pour éveiller immédiatement dans les esprits l'idée religieuse. En effet, dit-il, « au premier regard que les hommes jetèrent sur le monde, rien ne leur parut moins naturel que la nature. La nature était pour eux la grande surprise, la grande terreur ; c'était une merveille et un miracle permanent. Ce fut seulement plus tard, quand on découvrit leur constance, leur invariabilité, leur retour régulier, que certains aspects de ce miracle furent appelés naturels, en ce sens qu'ils étaient prévus, ordinaires, intelligibles... Or c'est ce vaste domaine ouvert aux sentiments de surprise et de crainte, c'est cette merveille, ce miracle, cet immense inconn u opposé à ce qui est connu. . . qui donna la première impulsion à la pensée religieuse et au langage religieux » ^