Dès la première édition du Golden Bough, I, p
2. Notamment Spencer et Gîllen et même Preuss qui appelle magiques toutes les forces religieuses non individualisées.
3. Burnouf, Introduction à l'histoire du bouddhisme indien, 2e éd., p. 464. Le dernier mot du texte signifie que le bouddhisme n'admet pas même l'existence d'une Nature éternelle.
point de dieu dont l'homme dépende, dit M. Barth ; sa doctrine est absolument athée1 », et M. Oldenberg, de son côté, l'appelle « une religion sans dieu2 ». En effet, tout l'essentiel du bouddhisme tient dans quatre propositions que les fidèles appellent les quatre nobles vérités3. I,a première pose l'existence de la douleur comme liée au perpétuel écoulement des choses ; la seconde montre dans le désir la cause de la douleur ; la troisième fait de la suppression du désir le seul moyen de supprimer la douleur ; la quatrième énumère les trois étapes par lesquelles il faut passer pour parvenir à cette suppression : c'est la droiture, la méditation, enfin la sagesse, la pleine possession de la doctrine. Ces trois étapes traversées, on arrive au terme du chemin, à la délivrance, au salut par le Nirvana.
Or, dans aucun de ces principes, il n'est question de divinité. I*e bouddhiste ne se préoccupe pas de savoir d'où vient ce monde du devenir où il vit et où il souffre ; il le prend comme un fait4 et tout son effort est de s'en évader. D'un autre côté, pour cette œuvre de salut, il ne peut compter que sur lui-même ; il « n'a aucun dieu à remercier, de même que, dans le combat, il n'en appelle aucun à son aide5 ». Au lieu de prier, au sens usuel du mot, au lieu de se tourner vers un être supérieur et d'implorer son assistance, il se replie sur lui-même et il médite. Ce n'est pas à dire « qu'il nie de front l'existence d'êtres appelés Indra, Agni, Varuna6 ; mais il estime qu'il ne leur doit rien