‹ Les formes élémentaires de la vie religieuseChapitre 120 sur 322 · Totemism, p · texte numérisé non relu

Totemism, p

toutes les femmes de Djeetgun1. I^e premier observateur qui ait, dès 1834, signalé cette curieuse institution la décrivait dans les termes suivants : « Tilmun, un petit oiseau de la grandeur d'une grive (c'est une sorte de pic), est considéré par les femmes comme ayant été le premier à faire des femmes. Ces oiseaux sont tenus en vénération par les femmes seulement »a. C'était donc un grand ancêtre. Mais par un autre côté, ce même totem se rapproche du totem individuel. On croit, en effet, que chaque membre du groupe sexuel est lié personnellement à un individu déterminé de l'espèce animale correspondante. Les deux vies sont si étroitement associées que la mort de l'animal entraîne celle de l'homme. « Iya vie d'une chauve-souris, disent les Wotjobaluk, c'est la vie d'un homme »3. C'est pourquoi non seulement chaque sexe respecte son totem, mais il oblige les membres de l'autre sexe à le respecter également. Toute violation de cet interdit donne lieu, entre hommes et femmes4, à de véritables et sanglantes batailles.

Bn définitive, ce qu'ont de vraiment original ces totems, c'est qu'ils sont, en un sens, des sortes de totems tribaux. Bn effet, ils viennent de ce qu'on se représente la tribu comme issue tout entière d'un couple d'êtres mythiques. Un telle croyance semble bien impliquer que le sentiment tribal a pris assez de force pour prévaloir, dans une certaine mesure, contre le particularisme des clans. Quant au fait qu'une- origine distincte est assignée aux hommes et aux femmes, il faut, sans doute, en chercher la raison dans l'état de séparation oh vivent les sexes5.

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