Howitt, Nat. Tr., p. 147. Cf. ibid., p
3. Strehlow (I, p. 15, n. 2), Schulze {loc. cit., p. 246) nous repré-
Mais voici des faits plus directement démonstratifs. Si l'âme n'est que le principe totémique individualisé, elle doit, au moins dans certains cas, soutenir des rapports plus ou moins étroits avec l'espèce animale ou végétale dont le totem reproduit la forme. Et en effet, « les Geawe- Gal (tribu de la Nouvelle-Galles du Sud) croient que chacun a en soi une affinité pour l'esprit de quelque oiseau, bête ou reptile. Non pas que l'individu soit censé être descendu de cet animal ; mais on estime qu'il y a une parenté entre l'esprit qui anime l'homme et l'esprit de l'animal »x.
Il y a même des cas où l'âme passe pour émaner immédiatement du végétal ou de l'animal qui sert de totem. Chez les Arunta, d'après Strehlow, quand une femme a abondamment mangé d'un fruit, on croit qu'elle donnera le jour à un enfant qui aura ce fruit pour totem. Si, au moment où elle a senti les premiers tressaillements de l'enfant, elle regardait un kangourou, on croit qu'un ratapa de kangourou a pénétré son corps et l'a fécondée2, H. Basedow a rapporté le même fait des Wogait3. Nous savons, d'autre part, que le ratapa et l'âme sont choses à peu près indistinctes. Or, on n'aurait pas pu attribuer à l'âme une telle origine, si Ton ne pensait pas qu'elle est faite de la même
sentent l'âme, comme Howitt nous représente ici le totem, sortant du corps pour aller manger une autre âme. De même, on a vu plus haut l'altjira ou totem maternel se manifester en rêve ainsi qu'une âme ou un esprit.