‹ Les formes élémentaires de la vie religieuseChapitre 207 sur 322 · North. Tr., p · texte numérisé non relu

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5. Spencer et Gillen, il est vrai, soutiennent que ces êtres mythiques ne jouent aucun rôle moral [North. Tr., p. 493) ; mais c'est qu'ils donnent au mot un sens plus étroit. Les devoirs religieux sont des devoirs : le fait de veiller à la manière dont ils sont observés intéresse donc la mo-

LA NOTION D'ESPRITS ET DE DIEUX 4o9

Et cependant, cette formation mythologique n'est pas la plus élevée que l'on trouve chez les Australiens. Il y a tout au moins un certain nombre de tribus qui sont parvenues à la conception d'un dieu, sinon unique, du moins suprême, auquel est attribuée une situation prééminente par rapport aux autres entités religieuses.

I/existence de cette croyance avait été, depuis longtemps, signalée par différents observateurs1 ; mais c'est Howitt qui a le plus contribué à en établir la généralité relative. Il l'a constatée, en effet, sur une aire géographique très étendue qui comprend l'État de Victoria, la Nouvelle- Galles du Sud, et qui s'étend même jusqu'au Queensland2. Dans toute cette région, un nombre considérable de tribus croient à l'existence d'une véritable divinité tribale qui, suivant les régions, porte des noms différents. Les plus fréquemment employés sont ceux de Bunjil ou Punjil3, de Daramulun4 et de Baiame5. Mais on rencontre aussi ceux de Nuralie ou Nurelle6, de Kohin7, de Mungan-ngaua8. On trouve la même conception plus à l'ouest, chez les Narrinyeri où le grand dieu s'appelle Nurunderi ou Ngurran-

rale, d'autant plus que, à ce moment, la morale tout entière a un caractère religieux.

1. Le fait avait été observé, dès 1845, par Eyre, Joumals, etc., II, p. 362, et, avant Eyre, parHENDERsoN, dans ses Observations on the Colonies of N. S. Wales and Van Diemerfs Land, p 147

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