‹ Les formes élémentaires de la vie religieuseChapitre 222 sur 322 · North. Tr., p · texte numérisé non relu

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LES RITES ASCETIQUES 433

le décès doit être évité ; car on croit que l'âme du défunt continue à y séjourner. C'est pourquoi on lève le camp et on le transporte à quelque distance1 ; dans certains cas, on le détruit avec tout ce qu'il contient2, et un temps s'écoule avant qu'on puisse revenir au même endroit3. Il arrive que déjà le mourant fait comme le vide autour de lui : on l'abandonne, après l'avoir installé aussi confortablement que possible4.

Un contact exceptionnellement intime est celui qui résulte de l'absorption d'un aliment. De là vient l'interdiction de manger les animaux ou les végétaux sacrés, notamment ceux qui servent de totems5. Un tel acte apparaît comme tellement sacrilège que la prohibition s'applique même aux adultes ou, tout au moins, à la plupart d'entre eux ; seuls, les vieillards atteignent une suffisante dignité religieuse pour n'être pas toujours soumis à cet interdit. On a parfois expliqué cette défense par la parenté mythique qui unit l'homme aux animaux dont il porte le nom ; ils seraient protégés par le sentiment de sympathie qu'ils inspirent en qualité de parents6. Mais ce qui montre bien que l'interdiction n'a pas pour origine une simple révolte du sentiment de solidarité domestique, c'est que la consommation de la chair prohibée passe pour déterminer automatique-

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