‹ Les formes élémentaires de la vie religieuseChapitre 226 sur 322 · Howitt, Nai. Tr., p · texte numérisé non relu

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gieux1. Il y a même des cérémonies pendant lesquelles on est obligé de parler un langage spécial dont il est défendu de se servir dans les relations profanes. C'est un commencement de langue sacrée2.

Non seulement les êtres sacrés sont séparés des profanes, mais rien de ce qui concerne, directement ou indirectement, la vie profane ne doit se mêler à la vie religieuse. Une nudité complète est souvent exigée de l'indigène comme une condition préalable pour qu'il puisse être admis à participer au rite3, il est tenu de se dépouiller de tous ses ornements habituels, même de ceux auxquels il tient le plus et dont il se sépare le moins volontiers à cause des vertus protectrices qu'il leur attribue4. Si, pour jouer son rôle rituel, il est obligé de se décorer, cette décoration doit être faite spécialement pour la circonstance ; c'est un costume cérémoniel, un vêtement de fête6. Parce que ces ornements sont sacrés en raison de l'usage qui en a été fait, il est interdit de s'en servir dans les relations profanes : une fois que la cérémonie est close, on les enterre ou on les brûle6 ; les hommes doivent même se laver de manière à n'emporter sur eux aucune trace des décorations dont ils étaient revêtus7.

Plus généralement, les actes caractéristiques de la vie ordinaire sont interdits tandis que se déroulent ceux de la vie religieuse. I/acte de manger est, par lui-même, profane ; car il a lieu tous les jours, il satisfait des besoins essentiellement utilitaires et matériels, il fait partie de notre existence vulgaire8. C'est pourquoi il est prohibé en temps reli-

1. Howitt, Nal. Tr., p. 657 ; Spencer et Gillen, Nai. Tr., p. 139 ; North. Tr., p. 580 et suiv.

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