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3. Ibid., p. 206. Nous employons le langage de Spencer et Giilen et, avec eux, nous disons que ce qui se dégage des rochers, ce sont des esprits de kangourous (spirils ou spiriî parts of kangaroo). Strehlow (III, p. 7), conteste l'exactitude de l'expression. Suivant lui, ce que le rite fait apparaître ce sont des kangourous réels, des corps vivants. Mais la contestation est sans intérêt, tout comme celle qui concerne la
Il y a même un cas chez les Aranta où le sang paraît être le principe actif du rite. Dans le groupe de l'èmou, on n'emploie pas de pierres sacrées ni rien qui y ressemble. L/Alatunja et quelques-uns de ses assistants arrosent le sol de leur sang; sur la terre ainsi imbibée, on trace des lignes, de diverses couleurs, qui représentent les différentes parties du corps de l'émou. On s'agenouille autour de ce dessin et l'on chante un chant monotone. C'est de l'émou fictif ainsi incanté et, par conséquent, du sang qui a servi à le faire, que sont censés partir les principes vivants qui, en animant les embryons de la génération nouvelle, empêcheront l'espèce de disparaître1.
Chez les Wonkgongaru2, il y a un clan qui a pour totem une certaine sorte de poisson ; c'est également le sang qui joue le rôle principal dans l'Intichiuma de ce totem. Le chef du groupe, après s'être peint cérémoniellement, entre dans un trou d'eau et s'y asseoit. Puis, avec de petits os pointus, il se perce successivement le scrotum et la peau autour du nombril. « I^e sang qui coule de ces différentes blessures se répand dans l'eau et donne naissance aux poissons3 ».
C'est par une pratique tout à fait similaire que les Dieri croient assurer la reproduction de deux de leurs totems, le serpent tapis et le serpent woma (serpent ordinaire). Un Mura-mura appelé Minkani est censé résider sous une dune. Son corps est représenté par des ossements fossiles d'animaux ou de reptiles comme en contiennent, nous dit Howitt, les deltas des rivières qui se déversent dans le lac Eyre.
notion de ratapa (v. plus haut, p. 361). Les germes de kangourous qui s'échappent ainsi des rochers ne sont pas visibles ; ils ne sont donc pas faits de la même substance que les kangourous que perçoivent nos sens. C'est tout ce que veulent dire Spencer et Gillen. Il est bien certain, d'ailleurs, que ce ne sont pas de purs esprits comme un chrétien pourrait en concevoir. Tout comme les âmes humaines, ils sont des formes matérielles.