‹ Les formes élémentaires de la vie religieuseChapitre 251 sur 322 · Nat. 7>., p · texte numérisé non relu

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3. Ibid., p. 519. — L'analyse des rites qui viennent d'être étudiés a été faite uniquement avec les observations que nous devons à Spencer et Gillen. Depuis que notre chapitre a été rédigé, Strehlow a publié le

Tel est le premier acte de la fête.

Dans la période qui suit immédiatement, il n'y a pas de cérémonie proprement dite. Cependant, la vie religieuse reste intense : elle se manifeste par une aggravation du système ordinaire des interdits. Le caractère sacré du totem est comme renforcé : on ose moins y toucher. Alors que, en temps normal, les Arunta peuvent manger de l'animal ou de la plante qui leur sert de totem pourvu que ce soit avec modération, au lendemain de l'Intichiuma, ce droit est suspendu ; l'interdiction alimentaire est stricte et

troisième fascicule de son ouvrage qui traite précisément du culte positif, et, notamment, de rintichiuma ou, comme il dit, des rites de mbatjalkatiuma. Mais nous n'avons rien trouvé dans cette publication qui nous oblige à modifier la description qui précède ni même à la compléter par des additions importantes. Ce que Strehlow nous apprend de plus intéressant à ce sujet, c'est que les effusions et les oblations de sang sont beaucoup plus fréquentes qu'on ne pouvait le soupçonner d'après le récit de Spencer et Gillen {v. Strehlow, III, p. 13, 14, 19, 29, 39, 43, 46, 56, 67, 80, 89}.

Les renseignements de Strehlow sur le culte doivent, d'ailleurs, être employés avec circonspection, car il n'a pas été témoin des rites qu'il décrit ; il s'est borné à recueillir des témoignages oraux et qui sont généralement assez sommaires (v. fasc. III, préface de Leonhardi, p. v). On peut même se demander s'il n'a pas confondu avec excès les cérémonies totémiques de l'initiation avec celles qu'il appelle mbaljalka- Huma. Sans doute, il n'est pas sans avoir fait un louable effort pour les distinguer et il a bien mis en évidence deux de leurs caractéristiques différentielles. D'abord, l'Intichiuma a toujours lieu en un endroit consacré, auquel se rattache le souvenir de quelque ancêtre, tandis que les cérémonies d'initiation peuvent être célébrées en un lieu quelconque. Ensuite, les oblations de sang sont spéciales à l'Intichiuma ; ce qui prouve qu'elles tiennent à ce qu'il y a de plus essentiel dans ce rituel {III, p. 7). Mais, dans la description qu'il nous donne des rites, on trouve confondues des informations qui se rapportent indifféremment à l'une et à l'autre espèce de cérémonie. En effet, dans celles qu'il nous décrit sous le nom de mbaljalkaiiuma, les jeunes gens jouent généralement un rôle important {v. par exemple, p. 11, 13, etc.) ; ce qui est caractéristique de l'initiation. De même, il semble bien que le lieu du rite soit arbitraire : car les acteurs construisent leur scène artificiellement. Ils creusent un trou dans lequel ils se placent ; il n'est généralement fait aucune allusion aux rochers ou arbres sacrés et à leur rôle rituel.

sans réserve. On croit que toute violation de cet interdit aurait pour résultat de neutraliser les heureux effets du rite et d'arrêter la croissance de l'espèce. Les gens des autres totems qui se trouvent dans la même localité ne sont pas, il est vrai, soumis à la même prohibition. Cependant, à ce moment, leur liberté est moindre qu'à l'ordinaire. Ils ne peuvent consommer l'animal totémique en un lieu quelconque, par exemple dans la brousse ; mais ils sont tenus de l'apporter au camp et c'est là seulement qu'il doit être cuit1.

Une dernière cérémonie vient mettre un terme à ces interdits extraordinaires et clore définitivement cette longue série de rites. Bile varie quelque peu suivant les clans ; mais les éléments essentiels en sont partout les mêmes. Voici deux des principales formes qu'elle présente chez les Arunta, L'une se rapporte à la Chenille witchetty, l'autre au Kangourou.

Une fois que les chenilles sont arrivées à la pleine maturité et qu'elles se montrent en abondance, les gens du totem, aussi bien que les étrangers, vont en ramasser le plus possible ; puis tous rapportent au camp celles qu'ils ont trouvées et ils les font cuire jusqu'à ce qu'elles deviennent dures et cassantes. Les produits de la cuisson sont conservés dans des espèces de vaisseaux de bois appelés ftitchi. La récolte des chenilles n'est possible que pendant un temps très court, car elles n'apparaissent qu'après la pluie. Quand elles commencent à devenir moins nombreuses, l'Alatunja convoque tout le monde au camp des hommes ; sur son invitation, chacun apporte sa provision. Les étrangers déposent la leur devant les gens du totem. L'Alatunja prend un de ces fiitchi et, avec l'aide de ses compagnons, en moud le contenu entre deux pierres ; après quoi, il mange un peu de la poudre ainsi obtenue, ses assistants en font autant, et le reste est remis aux gens des

1. Nai> Tr., p. 203. Cf. Meyer, The Encounter Bay Tribe, in Woods,

autres clans qui peuvent, dès lors, en disposer librement. On procède exactement de la même manière pour la provision qu'a faite l'Alatunja. A partir de ce moment, les hommes et les femmes du totem peuvent en manger, mais seulement un peu ; car s'ils dépassaient les limites permises, ils perdraient les pouvoirs nécessaires pour célébrer l'Intichiuma et l'espèce ne se reproduirait pas. Seulement, s'ils n'en mangeaient pas du tout, et surtout si, dans les circonstances que nous venons de dire, l'Alatunja s'abstenait totalement d'en manger, ils seraient frappés de la même incapacité.

Dans le groupe totémique du Kangourou qui a son centre à Undiara, certaines des caractéristiques de la cérémonie sont marquées d'une manière plus apparente. Après que les rites que nous avons décrits sont accomplis sur le rocher sacré, les jeunes gens s'en vont chasser le kangourou et rapportent leur gibier au camp des hommes. Là, les anciens, au milieu desquels se tient l'Alatunja, mangent un peu de la chair de l'animal et, oignent avec de la graisse le corps de ceux qui ont pris part à l'Intichiuma. Le reste est partagé entre les hommes assemblés. Ensuite, les gens du totem se décorent de dessins totémiques et la nuit se passe en chants qui rappellent les exploits accomplis au temps de l'Achermga par les hommes et les animaux kangourous. Le lendemain, les jeunes gens retournent chasser dans la forêt, en rapportent un plus grand nombre de kangourous que la première fois et la cérémonie de la veille recommence1.

Avec des variantes de détails, on trouve le même rite dans d'autres clans arunta2, chez les Urabunna3, les Kaitish4, les Unmatjera5, dans la tribu de la baie de la Ren-

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