‹ Les formes élémentaires de la vie religieuseChapitre 263 sur 322 · Norih. Tr., p · texte numérisé non relu

Norih. Tr., p

2. Ibid., p. 285-286. Peut-être les mouvements de la lance ont-ils pour objet de percer les nuages.

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5o6 LES PRINCIPALES ATTITUDES RITUELLES

gravité toute particulière ; car, pendant qu'elle dure, ceux qui y participent, comme acteurs ou comme assistants, ne peuvent avoir aucun rapport avec leurs femmes ; ils ne peuvent même pas leur parler1.

Chez les Dieri, les procédés de figuration sont différents. I^a pluie est représentée non par de l'eau, mais par du sang que des hommes font couler de leurs veines sur l'assistance2. Bn même temps, ils lancent des poignées de duvet blanc qui symbolise les nuages. Antérieurement, une hutte a été construite. On y dépose deux larges pierres qui figurent des amoncellements de nuages, présage de la pluie. Après les y avoir laissées quelque temps, on les transporte à une certaine distance de là et on les place aussi haut que possible sur l'arbre le plus élevé qu'on peut trouver ; c'est une manière de déterminer les nuages à monter au ciel. Du gypse, réduit en poudre, est jeté dans un trou d'eau ; ce que voyant, l'esprit de la pluie fait apparaître aussitôt les nuages. Enfin, tous, jeunes et vieux, se réunissent autour de la hutte, et, tête baissée, se précipitent sur elle ; ils passent violemment au travers, recommencent le mouvement plusieurs fois, jusqu'à ce que, de toute la construction, il ne reste plus debout que les poutres qui la supportent. Alors, on s'en prend à ces dernières, on les ébranle, on les arrache jusqu'à ce que tout s'écroule définitivement. 1/ opération qui consiste à percer la hutte de part en part est destinée à représenter les nuages qui s'entrouvent, et l'écroulement de la construction, la chute de la pluie3.

1. Norlk. Tr.} p. 294-296. Il est curieux que, chez les Anula, l'arc-enciel soit, au contraire, considéré comme producteur de la pluie (ibid., p. 314).

2. Le même procédé est employé chez les Arunta {Strehlow, III, p. 132). On peut se demander, il est vrai, si cette effusion de sang ne serait pas une oblation destinée à dégager des principes producteurs de pluie. Cependant Gason dit formellement que c'est un moyen d'imiter l'eau qui tombe.

3. Gason, TheDiegerie Tribe, in Curr, II, p. 66-68. Howitt (Nat. Tr., p. 798-900) mentionne un autre rite des Dieri pour obtenir de la pluie.

Dans les tribus du Nord-Ouest qu'a étudiées Clément1 et qui occupent le territoire compris entre la rivière Fortescue et la rivière Fitzroy, des cérémonies sont célébrées qui ont exactement le même objet que l'Intichiuma des Arunta, et qui semblent être, pour la plupart, essentiellement mimétiques.

On appelle tarlow, chez ces peuples, des tas de pierres évidemment sacrées, puisque, comme nous allons le voir, elles sont l'objet de rites importants. Chaque animal, chaque plante, c'est-à-dire, en somme, chaque totem ou sous-totem2, est représenté par un tarlow dont un clan déterminé3 à la garde. On voit aisément l'analogie qu'il y a entre ces tarlow et les pierres sacrées des Arunta.

Quand les kangourous, par exemple, deviennent rares, le chef du clan auquel appartient le tarlow des kangourous, s'y rend avec un certain nombre de ses compagnons. I/à, on exécute différents rites dont les principaux consistent à sauter, autour du tarlow, comme sautent les kangourous, à boire comme ils boivent, en un mot, à imiter leurs mouvements les plus caractéristiques. L,es armes qui servent à la chasse de l'animal jouent un rôle important dans ces rites. On les brandit, on les lance contre les pierres, etc. Quand il s'agit des émous, on va au tarlow de l'émou ; on marche, on court comme font ces oiseaux. L'habileté dont font preuve les indigènes dans ces imitations est, paraît-il, tout à fait remarquable.

D'autres tarlow sont consacrés à des plantes, à des graines d'herbe par exemple. Dans ce cas, ce qu'on imite, ce sont les opérations qui servent à vanner ces graines ou à les moudre. Et comme, dans la vie ordinaire, ce sont les

1. Ethnographical Notes on the Western-Australian Aborigines, in Internationales Archiv. f. Ethnographie, XVI, p. 6-7. Cf. Withnal, Marriage Rites and Relationship, in Science of Man, 1903, p. 42.

2. Nous supposons qu'un sous-totem peut avoir un tarlow parce que, suivant Clément, certains clans ont plusieurs totems.

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