‹ Les formes larvées de l'angine diphtériqueChapitre 7 sur 16 · PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE

La recherche des angines diphtériques larvées est des plus importantes, si l’on veut établir une bonne prophylaxie de la maladie.

En effet, on a coutume de diviser les sujets capables de transmettre la diphtérie, c’est-à-dire les porteurs de bacilles de Lôffler, en porteurs de germes sains et porteurs de germes malades.

Pour MM. Aviragnet et Martin, les porteurs de germes sains n’exislent pas : ce sont soit des convalescents d’une diphtérie méconnue, soit des malades atteins d’angine diphtérique larvée.

Les résultats des cultures de gorge que nous avons effectuées chez les frères et sœurs d’enfants ayant une diphtérie typique, joints aux renseignements fournis par la clinique, nous ont permis de vérifier le bien-fondé de leur opinion.

Parmi les 91 enfants examinés, nous n'avons trouvé que 3 porteurs en apparence sains, et encore lun d’entre eux était-il convalescent d’une angine blanche non traitée, vraisemblablement diphtérique.

Les deux autres avaient la gorge d'aspect normal, mais ils pouvaient malgré tout avoir une diphtérie impossible à diagnostiquer à cause de sa localisation adénoïdienne ou de la faible réaction dela muqueuse.

La proportion de porteurs soi-disant sains est donc très faible, surtout si l’on remarque qu’en milieu familial les porteurs de germes sont nombreux, les

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enfants élant en contact très direct les uns avec les autres.

La notion de porteurs de germes sains est due, croyons-nous, à deux causes d'erreur. ;

Tout d’abord, on a tendance à négliger l'examen de la gorgé chez les sujets contacts qui n'accusent aucun malaise. L'absence de fausses membranes constitue un critérium à l'examen clinique. Or la caractéristique de r’angine diphtérique larvée typique est essentiellement sa localisation, sa faible intensité, M. Aviragnet a attiré, à juste titre, notre attention sur ces angines si faciles à méconnaitre et dont toute la symptomatologie se borne à une légère rougeur sur l’un des piliers ou sur la luette. Un observateur non prévenu considérerait presque à coup sûr un tel sujet comme étant parfaitement sain, et pourtant sa culture de gorge pourrait contenir des bacilles de Lôffler. TN |

Une autre cause d'erreur tient à la difficulté d’interprétation des résultats bactériologiques. Si les

bacilles cultivés sont courts, ou peu nombreux,

comment déterminer leur nature ?

Autrefois, l'épreuve de choix était l'inoculation au cobaye, or chacun sait qu’il existe des bacilles diphtériques peu ou pas virulents.

Seule la culture en gélose LR glicase permet d'éliminer ces cas.

En relisant les mémoires relatifs à l'étude des porteurs de germes, on trouve toujours un pourcentage important de bacilles non pathogènes pour le cobaye,

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qualifiés suivant les auteurs de bacilles pseudo-diphtériques ou de bacilles diphtériques avirulents. On confondait ainsi des bacilles d'Hofmann non diphtériques avec des bacilles de Lôffler avirulents, et la nature des angines rouges ou pullacées dont souffraient certains sujets contacts, devenait impossible à spécifier.

Cette confusion explique aussi, jusqu’à un certain point, les écarts des statistiques. En milieu familial on trouve les chiffres suivants de porteurs de

germes : sr Cobbet (to0r)..:.5......0, Er O0:- 0/0 ENTER NT TE MSIE 100 0/0 SHHOHEPI TOOL de le es à 87,5 0/0 D) LS ES L0 eh ARS te CAEORONEE Rae 66,6 0/0 Wilhamis (1696)... 03.0 60 o/o Park et Beebe (1894) ...:.:.... 5o o/o La moyenne est de..:....,.:7., 66 !o/o

La statistique de Williams est à retenir ; cet auteur ne se contente pas de l’examen microscopique, mais il purifie les colonies douteuses et pratique non seulement l'injection au cobaye, mais aussi l’épreuve de la fermentation des sucres.

Notre proportion — 550/0— de porteurs de germes, 69 enfants porteurs de germes sur g1 éxaminés, peut paraître élevée; mais nous opérions en clientèle hospitalière où les enfants souvent mal tenus se contagionnent facilement ; en clientèle de ville le pourcentage est de 10 à 12 0/0 environ. En tous cas

les porteurs en apparence sains ne formaient qu’une infime minorité, 2 sur 69.

Les renseignements fournis par la clinique nous ont semblé d'autant plus utiles à connaître que le bacille dans les diphtéries larvées est plus difficile à cultiver. En présence d'une angine douteuse, en milieu épidémique, il ne faut pas se contenter d’un seul ensemencement si celui-ci est négatif. Un examen plus attentif des colonies cultivées, un nouvel ensemencement sur la lésion, nous a toujours donné un résultat positif dans les cas d’angines localisées diphtériques.

De plus, la répartition presqu’exclusive. des porteurs de germes parmi les sujets malades, permet de simplifier beaucoup l’examen bactériologique. Au lieu de pratiquer des ensemencements en masse, et forcément imprécis, on peut se contenter d’examiner les maladés atteints d’angine douteuse, et les voisins très immédiats des sujets ayant une diphtérie typique. Les résultats du laboratoire seront d'autant plus justes que les cas à examiner auront été moins nombreux.

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