ACTE TROISIEME
tait pas, ajournait les démarches, nous opposait une espèce d'inertie méfiante presque invincible... C'est moi qui l'ai galvanisée en vous témoignant une sympathie bien imprévue. Et après la cérémonie, j'ai trouvé moyen. Dieu sait avec quelle gaucherie!... d'avouer à ma mère que je savais l'existence de l'enfant, et qu'il ne fallait pas prolonger son exil par respect pour moi... C'est grâce à cela qu'on vous l'a rendu, que nous l'avons amené, et que Robert est heureux de l'avoir !
HÉLÈNE
Nous VOUS sommes si reconnaissants !
GLAIRE
J'espère être dans le vrai en agissant ainsi. Par moments, je n'en suis pas sûre. Je vous ai prise pour sœur dans une crise d'exaltation qui m'a paru héroïque, alors qu'elle était peut-être criminelle... Mon idéal se double d'une honte!... Si ma mère et Ro])ert avaient à me juger... Songez donc!...
HÉLÈNE
Vous voyez bien que les événements vous donnent raison.
GLAIRE
Hélène, ne vous mettez pas en frais pour me tranquilliser... Si je dois un jour me maudire moi-même, ce n'est ni vous ni personne qui me rendrez le repos... Tenez... Supposons que Robert vive, guérisse,* ait d'autres enfants... Ma situation serait intolérable... Je le sens, il y a des responsabilités qui me tueraient!
HÉLÈNE
C'est horrible t... La guérison de Robert vous fait peur!...
GLAIRE
Pour lui et pour moi !...