LE DUC, HÉLÈNE
LE DUC, furieux.
Mes compliments !
HÉLÈNE
Vous pensez que...
LE DUC
Que vous avez été d'une imprudence rare. Pardi !... Une gamine, ma parole ! une gamine, aurait vu le danger !
HÉLÈNE
Enfin, vous craignez que madame Nicolas ne révèle des choses...
LE DUC
Evidemment !... Elle serait bien bonne de se taire : on la provoque, on la chasse...
HÉLÈNE
En somme, que sait-elle de si compromettant? Vous l'avez envoyée chercher l'enfant lorsqu'on ne parlait pas encore de mon mariage. Qu'est-ce que cela prouve?... Il était naturel que vous portiez intérêt au fils de Robert.
LE DUC
Vous avez la mémoire docile : je vous ordonne d'en eiïacer le passé et c'est plaisir de voir comme on m'obéit... Souvenez-vous donc, malheureuse, du petit apl^artement que j'ai fait arranger chez Nicolas, dans l'espoir que vous y viendriez de temps en temps passer quelques jours... J'ai payé la complicité de ces gens-là... Ils m'ont entendu parler de vous comme d'une maîtresse, traiter votre enfant comme le mien... Nous sommes à leur merci... Et vous envoyez Robert ^ leur donner des leçons de morale !... Vous expédiez la duchesse à son aide !...
Uu silence.
HÉLÈNE
C'est tout de même étrange que l'entretien se prolonge autant... Je commence à être très inquiète.
LE DUC
Un peu tar.l !
HÉLÈNE, avec effroi.
Oh si Robert apprend ce qui a été !...
Elle fait un mouvement vers le duc.
LE DUC, durement. Qu'il l'apprenne, c'est là mon moindre tourment î