SCÈNE PREMIÈRE
MAR1NETTE, ,*ui«.
11 fait grand jour depuis longtemps,
Et mons Scapin repose encore!..
Chaque matin avant l’aurore,
Moi, je m’éveille et je l’attends!
O Marinette, quelle honte !
Quel aflront pour tes jolis yeux !
De tes soins l’ingrat ne tient compte !
Tu meurs!... il en dort d’autant mieux!
L'histoire vaut qu’on la raconte:
Vous souvient-il de Gros René,
Un brave homme assez bien tourné A mes appas acoquiné?....
Il m’aimait... nous nous mariâmes!
Mais le destin me fit le tour D’envoyer dès le premier jour Mon époux au pays des âmes !
C’est vous dire, helas! qu’il n’est plus!
Après cet accident néfaste,
Riche de quelques bons écus Dérobés à son maître Éraste,
Je fonde, au nom du dieu Racolais,
Cette maison hospitalière!..
(Elle indique le rabarct.)
Bref, me voici cabaretière...
Quand nous arrive un beau matin Cet intrigant Napolitain,
Ce maraud, ce fourbe hypocrite Dont l’indiflérence m’irrite,
Et qu’on aime, quoiqu’on en ait !
C’en est fait, hélas! c’en est fait!...
COUPLETS
Marinette est prise !
Elle aime à son tour,
Et l’ingrat méprise Son brûlant amour!
Pour toucher son âme.
Monsieur veut, je croi.
Qu’on soit grande dame, Ou fille de roi!
Faisons-nous connaître !
Le fourbe, le traître Trouvera son maître !
11 verra tantôt Qu’il n’était qu’un sot !
L’humble Marinette,
Cher Scapin, crois-moi,
A sous sa cornette Plus d’esprit que toi.
La plus sotte femme,
Du soir au matin.
Quand l’amour l’enflamme Se change en lutin!
Faisons-nous connaître !
Le fourbe, le traître Trouvera son maître !
Il verra tantôt Qu’il n’était qu’un sot.
Dieu! sa fenêtre s'est ouverte!