‹ Les fourberies de Si Djeh'aChapitre 4 sur 114 · LES · texte numérisé non relu

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tirées du texte même des anecdotes, suffirait à prouver que le texte arabe publié à Boulaq a été traduit du turk. Mais la version turke elle même me semble n'être qu’une traduction d’un ancien recueil arabe dont le héros était ce même Djoh'a.

En effet, l’auteur du K21db el Fihrist, Moh’'ammed ben Ish’'aq el Ouarrâq, mort à la fin du IV®° siècle de l’hégire, mentionne, parmi les livres de plaisanteries (»15) dont l’auteur est inconnu, un livre de Djoh’a Læ 15 Us". Ce Djoh’a était sans doute un personnage imaginaire comme les héros des autres livres cités par le même auteur Abou Dhimdhim, Ibn Ah’mar ?, Ibn el Maous’eli, Ibn Yaqout, Abou Obeïd al H’azmi, Abou ‘Alqamah, Seïfouyah (peut-être Sibouyah). De ce livre, il ne nous reste que le titre, mais des auteurs postérieurs ont été plus explicites et ont fait de Djoh’a un être réel sur lequel ils donnent les renseignements suivants.

Un écrivain anonyme dont l'ouvrage est intitulé LWW es, analysé par Fléischer *, dit en

1. Kildb el Fihrist ed. Flugel. Leipzig, 1871, 2 v. in-4, t. I p. 213. Il est à remarquer que dans le livre des Naouddir, (Boulaq 1302, in-8, p. 39), Ah'‘med el Qafroubi cite plusieurs anecdotes de Djoh'a d’après un certaiu Hamzah el Meïdäni, qui n'est pas autrement connu.

2. Un des personnages qui dans les contes arabes d'Algérie joue le même rôle que Si Djeh'a avec lequel il est souvent confondu, porte le nom de Bou H’émar.

3. Einige bisher wenig oder gar nicht bekannte arabische und cérhkische Handschrifien, (Zeitschrift der deutschen morgenlaen-

parlant de Djoh’x auquel il attribue le prénom d'Abou’l Fadhl (ch. XXII). « Ce Djoh'a ( # appelé parfois <> par erreur de copiste) avait un esprit malin et de l’entendement et a donné lieu à beaucoup d’anecdotes, ce dont il était fort peu soucieux. Quelqu'un qui ne lui voulait pas de bien lui attribua des récits badins et les répandit sous son nom. Ibrahim (?) dit: Je connaissais Djoh'a comme un homme spirituel, fin et instruit, et tout ce qu’on raconte de lui est supposé. Il avait des voisins avec lesquels il plaisantait et qui plaisantaient avec lui, de telle façon qu'ils lui appliquaient des histoires drôles. Je vais donner de son insouciance une preuve piquante ».

A ces renseignements, on doit joindre ceux que fournit Ibn H’addjah qui aurait été de peu postérieur à Nasr eddin, si l’on admet l'existence de ce dernier ‘. « Quelques uns prétendent que c’était l’homme le plus amusant du monde, mais qu'il y eut de l'hostilité entre lui et les gens et qu'on lui attribua toute espèce d’histoires. D’autres disent que c'était le plus grand étourdi et le plus grand

dischen Gesellschaft, XIV, 1860, p. 527-540 et spéc. 537-538, Fleischer conjecture que l’auteur était égyptien.

1. Ibn H'addjah (Thimdrat el Aourägq, Boulaq, 1300, hég. in-8, p. 71), cite trois anecdotes qui manquent aux diverses recensions que j'ai pu consulter. Dans la première, Djoh'’a sortant du bain y rentre précipitamment pour chercher ce qu'il croit avoir perdu ; dans la seconde, un portefaix se sauve avec un sac de farine ; la troisième a trait au châtiment de sa fille ‘Omaïrah par sa mère.

niais » ‘. Les anecdotes où il figure sont en effet de deux sortes: dans les unes, il cache sous une sottise apparente un esprit caustique et narquois ; dans les autres, 1l nous apparaît comme le niaisle plus ridicule.

Les Arabes possédaient d’ailleurs plusieurs types originaux dont la sottise était proverbiale : leurs noms nous ont été conservés, ainsi que quelques uns des traits qu'on leur attribue : Yézid, surnommé Habanneqah (4%2<+) ; Abou Ghabchôn des Khoza'‘a, Rabi ah el Beka à qui l’on prête une sottise qui se retrouve dans l’Heptaméron, Hamzah ben Bidh, Ibn el Djas’as’ et El Afqad, contemporains du vizir Ibn el Forat, Behloul, qui vécut réellement à la cour de Haroun er Rachid *. La plupart des livres de littérature (LD <<) contiennent un ou plusieurs chapitres consacrés à des anecdotes de ce genre, parmi lesquelles nous retrouvons quelques unes des nôtres. J'ai déjà cité le Thimérat el Aourdg, écrit dans la première moitié du XV° siècle, mais bien auparavant, l'Espagnol Ibn ‘Abd Rabbih, dans le ÆrtGb

1. C'est aussi ce que rapporte El Qalyoubi (Naouddir p. 39), qui le met en rapport avec Abou Moslen el Khaoulâni dans une anecdote qui ne se retrouve pas dans les versions turkes. Le P. Cheïkho, dans ses notes sur ie Medjäni el Adab dit, sans citer d'autorité que Djoh'a était un homme des Benou Fezärah, surnommé Abou’l Ghas's et habitant Koufah (t. I, Beyrout 1886, in-12 p. 65).

2. Une réponse de Behloul (le nombre des fous) est attribuée à Djoh'a. Dans un recueil syriaque qu'on trouvera cité plus loin, le même trait est placé à Emèse (Hems).

el ‘Iqd el Ferid*, et Ibn el Djouzi, dans son Æ1t4b el Azkia * en ont inséré un certain nombre. Ce dernier composa même un ouvrage spécial intitulé chitble Redt ES dont un manuscrit existe à la Bibliothèque Nationale *. Il est probable que les « Plaisanteries des conversations »(C\ let 135) de Djemäl eddin Moh'’ammed ben Mokarrem el Ans’âri morten 711 de l'hégire (1311-12 J. C.), appartenaient à cette catégorie d’écrits *. Un chapitre du recueil de P/aisanteries, composé en syriaque par le célèbre historien Abou’lfarad]j Bar Hebrœus, est consacré aux avares ; un autre aux sots‘.Ilen est de même dans le Mostal re; d il Lbchihi, dout des pages entières ont passé dans la version arabe des Naouädir de Si Djoh'a°. Je renvoie encore au tableau comparatif et aux notes qui l’accompagnent.

Il me reste à mentionner les diverses recensions

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